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Ainsi donc il insiste et, je viens de le voir,

La prochaine session de Combats sera faite.

Ceux de l'année passée faisaient lever l'espoir

De n'avoir pas d'enfants et, la mine défaite,

On suivait le propos en se disant : Tiens bon !

Il n'ira pas plus loin ; si l'intérêt trépasse,

On glane malgré tout des morceaux de leçons

Au bout du bout desquels quelque chose s'amasse.

Il faut serrer les dents quand l'ennui nous élance,

On sortira de là, l'avenir sera nôtre …

 

Las, ce n'est pas fini. Je pense aux douze apôtres.

Quand le discours s'est tu, après le coup de lance,

Qu'ont-ils senti, réellement, au fond du cœur ?

Et quel soulagement a rempli leur poitrine

À voir cesser le flot des mots du locuteur

Divin qui sans arrêt, de sa prose divine,

En psalmodiant toujours les mêmes assertions,

Fatiguait leurs tympans et tuait l'attention.

 

Ont-ils dit 'Ouf !'? Bien sûr, c'est pensée sacrilège

De les prétendre ainsi navrés du privilège

Que Jésus, fils de Dieu, bavard impénitent,

Leur consentait en ratiocinant constamment.

Mais tout lasse dit-on, excepté de comprendre,

Et comme justement ils ne comprenaient rien,

Le silence enfin là de la bouche sacrée

A dû leur enlever une épine du pied.

 

Mais je m'égare. Allons, compagnons, tels Damien,

Posons-nous la question : Quel parti doit-on prendre ?

Écartelés qu'on est, car le désir d'apprendre,

Est bien là, que l'ennui menace constamment,

Poursuivant son travail de sape, sourdement.

Le choix est bien cruel : Subir encor ? Se pendre ?