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Mémoire-de-la-Littérature
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11 décembre 2006

Présentation & Leçon I - 05/12/06

Antoine Compagnon entame donc un cours au Collège de France ... à compter du Mardi 05/12.

Ce cours (PROUST/ Mémoire de la littérature) est hebdomadaire et suivi d'un séminaire. Après (presque) chaque heure de cours, le séminaire permettra à un universitaire ou à un écrivain ou ... d’exprimer, dans le prolongement, le cadre ou les marges du thème du cours, sa sensibilité, sa réflexion, ses goûts "à propos de Proust": un exposé d’environ 40 minutes suivi de vingt minutes d’échanges avec l’amphi.

Premières Prévisions: le 12/12/06 Jean-Yves Tadié: Proust et Pompéi
                             le 09/01/07 Pierre-Louis Rey: Proust et le mythe d’Orphée
                             le 16/01/07 Philippe Sollers: “Mon” Proust

Avertissement: les renvois de notes débouchent sur des précisions ou des commentaires  personnels. Le corps du texte est la mise en forme aussi fidèle que possible de ce qui a été entendu.

Leçon du 05/12 ..........

Entrée du professeur. Allure juvénile et ... dix à quinze ans de plus que ne lui en prête la photographie aimablement insérée dans l’éloge du Monde de Vendredi 01/12/06 dernier.

Installation: Bonjour. Propos liminaires: découverte d’un auditoire nouveau, donc vague incertitude quant au juste ton; se donne quelques leçons pour s’ajuster: Disons, jusqu’à Noël?

PROUST : Mémoire de la Littérature.

Bibliographie immense, immaîtrisable et galopante (Déjà la règle des trois adjectifs?). Peut-être (sans doute) l’écrivain français sur lequel (sauf Sartre en 2005, année du centenaire) on a le plus écrit. N’y a-t-il pas trop plein? Un moratoire ne serait-il pas le bienvenu? Sauf nécessité lors de la charge du programme d’Agrég qui l’avait retenu, a évité Proust dans le cadre de ses cours en Sorbonne. Que trouver de nouveau? Question d’ailleurs posée à ceux de ses étudiants qui le sollicitaient dans l’accompagnement de ce qu’ils croyaient avoir à en dire.
Quant à la mémoire... Poncif et tarte à la crème des études proustiennes, la madeleine devenue du coup monument insipide... Oui, bien sûr, la mémoire involontaire, les félicités induites, l’accès à l’essence des choses, le temps hors du temps, oui, et alors? Tout a été cent fois mis et remis sur l’ouvrage et cent fois épuisé. Alors, alors?
Et néanmoins ....

Après le purgatoire de Proust (cf. note 1) dans les années 1930/1940 (on le condamnait: ni moral, ni social), la “découverte” du Contre Sainte-Beuve et de Jean Santeuil induit un développement des travaux de recherche dans les années 1953 / 1954. Un continent souterrain s’est fait jour qui impose l’écrivain.
Paradoxalement, les années 80 et l’arrivée de Proust dans le domaine public ne produisent rien de semblable. A-t-on eu peur de l’accès brutal à tant de documents, de pages, de cahiers, d’esquisses, de brouillons à déchiffrer, rapprocher, analyser, comparer ... Découragement? On devine des incertitudes, des attentes, des doutes sur les axes autour desquels organiser la “relecture”. Du coup, les quelques études produites sont très ponctuelles, très limitées dans leur champ d’investigation. Et n’en serions-nous pas ainsi dans un moment favorable?

Voyons, dans les années 1960 / 1970, Théorie du roman, Narratologie, Psychologie, Psychanalyse pointaient des directions et prétendaient fournir des clés ... Mais où regarder, maintenant? Du côté de l’Histoire peut-être, de l’Histoire de la culture... ? Nous ne connaissons pas si bien le contexte, au plus fin, de l’œuvre. Le chercheur le sait, il faut d’immenses lectures pour atteindre au sens exact d’un mot, d’un détail, d’un passage difficile... L’épaisseur, la densité proprement culturelle du texte est impressionnante. Il faudrait pouvoir respirer cet “air du temps” qui souffle à travers la Recherche. Aller par là? Et d’ici, du Collège de France?

Proust n’y est de fait jusqu’ici guère “entré”. Une conférence de Roland Barthes et le cours qui a suivi, en 1978-1980, son dernier cours, sur La préparation du roman. Barthes voulait parler, non pas “Sur Proust” mais - se défendant de se comparer et affirmant chercher à s’identifier - sur la possibilité au fond de sous-titrer “Proust et moi”. Il voulait réhabiliter l’émotion, l’empathie, condamnées par le structuralisme comme le post-structuralisme, il voulait se retrouver dans l’auteur-Proust artisan, et voyait la Recherche comme le récit d’un désir d’écrire. Et il avait prévu - la mort l’en a empêché - de prolonger par un autre cours sur “Proust et la photographie”.....

Mémoire de la Littérature : pourquoi et en quel(s) sens ?

Quid du “de”? Génitif subjectif? La mémoire que détient, renferme, possède, contient la littérature? Génitif objectif? La mémoire dont la littérature peut être l’objet, les choses qui se souviennent d’elle?

Sens premier, subjectif. La littérature comme mémoire, alors? À distinguer néanmoins et absolument de l’Histoire. Mémoire, oui, la Recherche est une mémoire, une mémoire (presque) totale, (presque) tout y est, c’est une somme (intégrale) de la Culture, elle est le quasi contenant de la Culture, française et au delà ... et il faudra du coup s’interroger sur ce qui ne s’y trouve pas, sur ce qu’elle a oublié.

Un passage du roman, en abyme (note 2), pour éclairer (note 3) ce point de vue “mémoriel”: Dîner de Norpois chez les parents du narrateur qui s’ouvre à lui de son intérêt pour Gilberte et sa mère, Mme Swann. Norpois serait prêt à intercéder. L’élan de la tendresse reconnaissante du narrateur le jette dans une ébauche de mouvement qu’il réprime immédiatement et “qu’il se crut seul à avoir remarqué”. Nous voici donc face à un geste destiné à l’oubli. Or Norpois ne s’entremettra pas et ce n’est que beaucoup plus tard, lui succédant dans un salon, que le narrateur apprendra qu’il vient de narrer à son propos l’anecdote, et qu’il avait vu le moment où on allait lui baiser les mains. Incident infime et essentiel dans le rapport à l’autre, dans ce rapport intime à l’autre qui pourrait renvoyer à Dostoïevski. Et le narrateur donne raison à l’historien - qui sait que rien ne se perd - contre le feuilletoniste - qui croit que tout s’oublie-, rapprochant la très provisoire gloire d’une chanteuse (sur quoi s’appuie le feuilletoniste) et la permanence d’un hiéroglyphe (sur quoi se fonde l’historien)... pour renvoyer (allusion en fait à un manuel scolaire contemporain de Gaston Maspero, égyptologue reconnu) à la liste conservée des chasseurs qu’Assurbanipal (note 4) invitait à ses battues.
Ainsi le moindre geste est retenu, mémorisé, participant à, construisant l’image que l’autre garde de nous-même. Et apprendre ça au détour d’un potin... et découvrir ainsi que le potin, c’est la mémoire des choses infimes, mais honteuses, que l’on voudrait et ne peut plus reprendre (référence: Raskolnikov).
Avec cette leçon: Tout est mémoire. Et, comme les chasseurs d’Assurbanipal, l’écume du monde est conservée par la littérature.
Et en arrière-plan, cette mise en évidence d’une existence parallèle de l’image qu’on donne et qui circule quand on n’est pas là ou.... Ainsi de l’anecdote d’un retour du narrateur de Doncières pour voir sa grand-mère. Elle ne le sent pas approcher, il la surprend lisant, elle lui donnant ainsi l’occasion de saisir  la “faculté d’assister à notre propre absence” (note 5).

Second sens, objectif. Mémoire de la récitation, du “par cœur”. Avec un exemple, au plus concret. Peut-être d’ailleurs le seul passage de la Recherche où les mots “mémoire” et “littérature” sont cités dans la proximité du texte. Maladie de la grand-mère et visite du docteur Du Boulbon (note 6). Celui-ci diagnostiquera - diagnostic totalement erroné, la grand-mère mourra peu après - une neurasthénie, une maladie nerveuse. Et le symptôme a contrario retenu par Du Boulbon est l’excellente mémoire conservée de la grand-mère, car, négligeant tout questionnement “médical”, il a orienté l’échange avec elle vers la littérature, la faisant parler de Bergotte, lui demandant lequel de ses livres elle préfère, et dans ce livre, quel personnage etc. On a donc là, derrière la satire du médecin pour qui tout est psychique, et qui se trompe, l’interprétation “objective” de l’expression Mémoire de la littérature, cette littérature dont on a, ou pas, une bonne mémoire, ayant, ou pas, mémorisé des poèmes, des intrigues, des personnages ...

Et s’il y avait un troisième sens? ... et qui pourrait être le nôtre, celui autour duquel va s’articuler le cours. On énoncerait alors: Quand la littérature se souvient de la littérature.
Oui, ce sera sans doute notre thème essentiel, la littérature autant objet que sujet de mémoire, autant agent que patient. Quitte à ranimer de vieux démons: la citation, l’intertextualité, la philologie, la bibliothèque, ... Nous allons nous intéresser à un phénomène de “pli”, à un pli de la littérature, de la littérature se souvenant dès lors de la littérature.
Écartons toute erreur d’interprétation: il ne s’agira pas d’enfermement, de réflexivité, d’étroite autonomie, il ne s’agira pas d’affirmer que la littérature ne parle que de littérature, mais bien de montrer qu’en parlant de la littérature, en la portant, ce faisant, vers l’avant, elle ne s’y réduit pas, danger auquel n’a pas résisté, dans ses développements, l’intertextualité pourtant initialement porteuse (années 1970), via le “dialogisme” de Bakhtine (note 7), de dialogue et donc de mouvement.
Essayons un exemple pour souligner cette présence constante et cette marche continue de la littérature dans la littérature à travers l’allusion, qui s’annonce toujours par un signe, qu’on ne voit pas toujours, ou que tous ne voient pas, mais qui, perçu, fait de l’allusion qu’on ne voit plus qu’elle, comme le narrateur, qui n’avait rien soupçonné, de découvrir (Sodome et Gomorrhe 1) que Charlus est un inverti, ne voit plus soudain que l’inverti dans Charlus. La littérature peut être ainsi, par l’allusion, lourde, grosse de la littérature: le thème, dense, de la passante, qui renvoie, têtu, à Baudelaire (note 8), qu’on lit même, en écho, dans la petite phrase de Vinteuil; ou bien, à la fin de Sodome et Gomorrhe, au lever du soleil, après la nuit de jalousie avant son départ vers Paris, de savoir qu’Albertine connaît Mlle Vinteuil, le Crépuscule du matin (note 9) , visible sous la robe rose et verte, qui fait bien signe à Baudelaire. Mais ce n’est pas Baudelaire réapparaissant pour Baudelaire qui est par là cherché, c’est bien plutôt une vision du monde transformée par le poète, renouvelée, imposée par le poète, un monde nouveau, éclos seulement par lui, comme ces femmes qui sont avant tout désormais et d’abord des Renoir, qu’il faut faire émerger.

Voilà, pour quelques mots, un peu de cette mémoire de la littérature qui n’est pas monument, mais bien mouvement, et qui va sans doute nous occuper.

Il reste néanmoins encore quelques préalables (ou compléments) à énoncer. Souligner qu’on pense en général, et plus aisément, à partir des deux mots mémoire et littérature, à la littérature de la mémoire. On dit alors que la Recherche est le roman de la mémoire. En effet l’œuvre parle de mémoire, en effet la mémoire la structure, en effet elle s’inscrit dans cette littérature de la mémoire qui depuis Rousseau, après Rousseau, est devenue la forme-type du poème romantique: Un soir, t’en souvient-il, nous voguions en silence (note 10) ... La Mémoire, au cœur même du conflit de la modernité (J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans...) (note 11) .
Comment oublier que la mémoire involontaire est le grand arc qui traverse, qui tend toute l’œuvre et ne peut-on pas dire ici que la mémoire lie le sens objectif et le sens subjectif du roman ... de la mémoire?

On pense à Éric Auerbach analysant dans Mimésis le phénomène de la mémoire chez Proust, mémoire-conscience qui fait lever des réalités passées. Mémoire qui structure tout le roman jusqu’à ce que, à la fin du Temps retrouvé, elle déclenche, fruit de l’analepse (note 12), chez le narrateur, l’envie d’écrire. Le roman est structuré par les souvenirs.

Ainsi de la scène du coucher: Il y a bien des années de cela. La muraille de l’escalier où je vis monter le reflet de sa bougie n’existe plus depuis longtemps. En moi aussi bien des choses ont été détruites que je croyais devoir durer toujours et de nouvelles se sont édifiées donnant naissance à des peines et à des joies nouvelles que je n’aurais pu prévoir alors, de même que les anciennes me sont devenues difficiles à comprendre. Il y a bien longtemps aussi que mon père a cessé de pouvoir dire à maman: “Va avec le petit”. La possibilité de telles heures ne renaîtra jamais pour moi. Mais depuis peu de temps, je recommence à très bien percevoir, si je prête l’oreille, les sanglots que j’eus la force de contenir devant mon père et qui n’éclatèrent que quand je me retrouvai tout seul avec maman. En réalité, ils n’ont jamais cessé; et c’est seulement parce que la vie se tait maintenant davantage autour de moi que je les entends de nouveau, comme ces cloches de couvents que couvrent si bien les bruits de la ville pendant le jour qu’on les croirait arrêtées mais qui se remettent à sonner dans le silence du soir (note 13) .

Auerbach parle d’omnitemporalité symbolique ... Pour de nombreux critiques, il y a là, sous-jacent à ce passage, un texte de Rousseau, du début des Confessions.

Ordre et désordre aussi des souvenirs.
Le narrateur ne cesse de reparcourir son passé, le passé, pour comprendre, mais tous les souvenirs n’ont pas toujours ou pas à temps été fournis: anecdote du canapé de tante Léonie, qu’il donnera à la maison de passe où il connaît Rachel (Rachel-quand-du-Seigneur ...), sans que nous disposions, ni lui dans le roman, du souvenir fondateur de la décision. Aléas des remontées mémorielles dans l’ordre chronologique bousculé du réveil dans la chambre, au début de Combray, et dans un corps incertain qui se cherche... le branle était donné à ma mémoire (note 14) .... Mais le récit va s’ordonner, devenir chronologique, et la Recherche ne sera finalement pas la forêt aux sentiers qui bifurquent de Borgès.

Théâtre de la mémoire, art de la mémoire, maîtrise de la mémoire, multitude des cahiers de brouillons parmi lesquels Proust circule, capable de retrouver des passages écrits plusieurs années auparavant, espace de mémoire, maison où l’on déambule....

Mais ces approches ne nous retiendront pas et, pour le redire avant d’y revenir dans les leçons à suivre, c’est bien la troisième interprétation ci-dessus du titre de ce cours, cette mémoire de la littérature qui n’est pas monument mais mouvement qui va nous occuper.

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(1) La consécration était venue avec le prix Goncourt (10 décembre 1919) obtenu pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Pour l’anecdote, l’éditeur de Roland Dorgelès (Les croix de bois) , donné favori et qui obtiendra quatre voix contre six à Proust, avait déjà fait préparer les bandeaux “Prix Goncourt”... Léon Daudet, ci-devant fils d’Alphonse, aurait été le principal artisan de l’élection. Proust n’a plus que trois ans à vivre (18 novembre 1922).

(2) Abyme: A l'origine, il s'agit d'un terme d'héraldique qui désigne le point central d'un écu lorsque ce point figure lui même un écu. En littérature, ce terme désigne l'enchâssement d'un récit à l'intérieur d'un autre. Il y a alors histoire dans l'histoire. Le même procédé peut être utilisé au théâtre, lorsque des acteurs jouent des personnages qui jouent eux-mêmes: théâtre dans le théâtre.

(3) Éclairer? Ce qui suit ne m’a pas convaincu en termes de cohérence avec ce qui était annoncé.

(4) Roi (VII° siècle avant J.C.) d’Assyrie (Haute-Mésopotamie). Monarque raffiné, il s’occupait dit-on plus volontiers de ses chasses et de sa bibliothèque (à Ninive, sur le Tigre; 25000 tablettes cunéiformes retrouvées) que de ses guerres. Incidente: Assurbanipal accula au suicide son frère,Shamash-Shumukin, roi de Babylone, en incendiant la ville. Serait à rapprocher de la fin du roi légendaire d’Assyrie Sardanapale. Voir le tableau d’Eugène Delacroix (1827): La mort de Sardanapale.

(5) Certainement: ... à travers ce qu’est sa grand-mère quand il n’est pas là; mais qui pourrait s’interpréter aussi comme ce que l’on est (ici, sa grand-mère) quand on s’est absenté de soi-même (ici en lisant)...

(6) Antoine Compagnon cite un (in)certain docteur Brissot (Brisseau?), élève de Charcot, comme possible référence ici de Du Boulbon. Je n’ai pas retrouvé trace de ce Brissot là et la Société des Amis de Marcel Proust (bulletin n°35 datant de 1985) donne comme modèle avéré de Du Boulbon le Docteur Chambon, médecin à Cabourg.

(7) Mikhaïl Bakhtine. Théoricien du roman. Principe dialogique: forme de dialogue, de confrontation, entre des conceptions différentes de l'existence.

(8) “À une passante” : La rue assourdissante autour de moi hurlait / ... / Ô toi que j’eusse aimé, ô toi qui le savais.

(9) Crépuscule du matin: La diane chantait dans les cours des casernes / ... / L'aurore grelottante en robe rose et verte / S'avançait lentement sur la Seine déserte / Et le sombre Paris, en se frottant les yeux / Empoignait ses outils, vieillard laborieux.

(10) Le lac (Lamartine): ..../ Un soir, t'en souvient-il ? Nous voguions en silence / On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux / Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence / Tes flots harmonieux.

(11) Spleen (Baudelaire): J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans. / Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans / De vers, de billets doux, de procès, de romances / Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances / Cache moins de secrets que mon triste cerveau / .......

(12) Analepse: n. f. Retour en arrière, récit d'une action qui appartient au passé. Corrélat: Prolepse (n. f. Anticipation, récit d'une action à venir). Dans les deux cas, identification / référence au Flash-back.

(13) Du côté de chez Swann: Combray

(14) Combray: Mais j’avais beau savoir que je n’étais pas dans les demeures dont l’ignorance du réveil m’avait en un instant sinon présenté l’image distincte du moins fait croire la présence possible, le branle était donné à ma mémoire; généralement, je ne cherchais pas à me rendormir tout de suite; je passais la plus grande partie de la nuit à me rappeler notre vie d’autrefois à Combray chez ma grand’tante, à Balbec, à Paris, à Doncières, à Venise, ailleurs encore, à me rappeler les lieux, les personnes que j’y avais connues, ce que j’avais vu d’elles, ce qu’on m’en avait raconté.

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Commentaires
Mémoire-de-la-Littérature
  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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