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Mémoire-de-la-Littérature
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6 janvier 2010

REPRISE ...

ANTOINE COMPAGNON

COURS 2009-2010

COLLEGE DE France

Puisque le cours démarre cet après-midi … et que je ne pourrai pas cette année « en être », je fais un (nostalgique par avance) saut ce mardi matin 5 janvier sur le site du Collège et j’y trouve … les détails ci-dessous. Il me semble être passé par là début Décembre sans  avoir rien remarqué de cet ordre… J’imagine que la mise en ligne du planning « renseigné » des séminaires est relativement récente.

Bref …

Récente ou pas, fort intéressante ! Mais d’abord, le détail :

***

Écrire la vie II

{…Les mardis, à 16h30

Premier cours : 5 janvier 2010
Dernier cours : 6 avril 2010

Pas de cours le 23 février 2010…}

Séminaire

En relation avec le sujet du cours 

{…Les mardis, à 17h30
Premier séminaire : 12 janvier 2010
Dernier séminaire : 6 avril 2010

Pas de séminaire le 23 février 2010…}

12 janvier
Prendre en compte la présence de la vie dans l’écriture historienne
Arlette FARGE, CNRS-EHESS

19 janvier
Les limites sociales de la biographie (à propos du XIXe siècle)
Alain CORBIN,
Université Panthéon-Sorbonne
26 janvier
Ethnologie et littérature : entre le livre et la vie
Vincent DEBAENE,
Columbia University, Institut d’Études avancées-Paris
2 février
La main extime de Sartre
Jean-François LOUETTE, Université Paris-Sorbonne

9 février
Journal de deuil/Roland Barthes : « la littérature et le droit à la mort »
Éric MARTY,
Université Paris-Diderot

16 février Écrire la vie : une fiction critique
Laurence PLAZENET,
Université Paris-Sorbonne, Institut universitaire de France
2 mars
Vrai témoin de la vérité
Philippe FOREST,
Université de Nantes

9 mars Le réel difficile
Pierre JOURDE, Université Grenoble III

16 mars Graphobie (not Graphophobie)
Renaud CAMUS

23 mars Dire le deuil : saint Augustin, saint Ambroise et saint Bernard
Jean-Louis CHRETIEN,
Université Paris-Sorbonne
30 mars
Enquête sur le père
Dominique FERNANDEZ, de l’Académie française

***

À des titres divers, il y en a essentiellement cinq, dont surtout trois, dont tout particulièrement un, qui me retiennent. Et je tenterai assurément à leur bénéfice quelque prouesse d’organisation pour malgré tout y assister.

Le 2 février – La main extime de Sartre.

Coquetterie que cet « extime ». Ça sonne furieusement « british ». Enfin, une fois repéré là le pendant de l’intime, on imagine aisément que « Les mots » seront à l’ordre du jour et qu’il pourrait peut-être s’y glaner quelque nourriture intellectuelle.

Cela dit, Sartre l’année de Camus ( Albert !) … on pourrait presque y voir une provocation. J’aurais trouvé mieux venue une réflexion, non moins extime, sur Le premier homme.  Il est vrai que le livre a été retenu par Finkielkraut dans son Un cœur intelligent et que, fantasme ou pas, je ne serais pas étonné qu’il y ait comme un agacement intellectuel de l’un à l’autre, du précieux Compagnon à l’avocat facilement imprécateur des frasques polanskiennes.

Le 9 février – Le journal de Deuil de Roland Barthes.

Intitulé impressionnant : La littérature et le droit à la mort. Diable ! Bon, Barthes, on ne pouvait guère y échapper. Les émotions de Compagnon l’an passé, à lire ce « A.C. » dans les feuillets du Maître … on devinait qu’il faudrait bien y revenir. Là, c’est Eric Marty qui « s’y colle ». La tâche sera délicate avec, à ses côtés, Compagnon en statue du Commandeur. On verra bien. Si l’on voit.

Quant au thème retenu … Multi-interprétable. Camus (Albert !) encore : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Pas de quoi en faire un fromage, n’est-ce pas … Justement, c’est ce qui m’a gêné l’an passé, quand j’ai feuilleté le Journal de deuil, une première  fois. Qu’il n’y ait là, pour l’éditeur, qu’un fromage . Ventes assurées. Et trois lignes par page. Et puis ensuite, une émotion vraie, à la lecture. Etc.

Enfin, là .. Droit à la mort, ou Droit à l’oubli ? L’intime a-t-il le droit de devenir extime … et de se vendre ?

Littérature ? Est-on bien sûr que les morts réclament un tombeau ?

Le 9 mars – Le réel difficile, par Pierre Jourde.

Là, c’est Jourde lui-même qui m’intéresse. J’avais énormément aimé son roman gothique, Festins secrets. Entreprise plus modeste, L’heure et l’ombre  m’a aussi séduit. Je le trouve moins évident comme polémiste (La littérature sans estomac), même si sa haine de Josyane Savigneau, du journal Le Monde, m’amuse. Et puis  - et là, on rejoint par l’anecdote (mais je ne pense pas que ce soit son sujet, sauf si … ( ?)) l’intitulé de son séminaire : Le réel difficile - les ennuis  que lui ont valu Pays perdu, le quasi lynchage (il a dû rebrousser chemin, s’enfuir avec  armes, bagages et enfants …) que cette formidable narration du quotidien de ses lieux d’enfance a induit lors de son retour suivant au pays, comment ne pas en être troublé ?

Et puis Jourde, c’est l’anti-Begaudeau, dès qu’on touche à la pédagogie et à la transmission des connaissances. Débat qui m’attache.

Alors …

Le 16 mars – Graphobie (not Graphophobie), avec et par Renaud Camus.

On trouve entre autres sur le Net (… dans une interview accordée à la publication de Corée l’absente ; adresse : http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id.57850) des éléments d’explications à cet intitulé abscons. Ainsi :

« Plus qu’à la biographie, ma passion va à ce qu’on pourrait appeler la graphobie puisqu’il s’agit de rien de moins que d’inverser le processus biographique, non pas d’écrire la vie mais de vivre l’écriture, d’imposer à la suite des jours et au passage des heures une forme, la première des formes peut-être, celle de la phrase, si ce n’est celle de la lettre, des lettres et de leur agencement infini mais rigoureux. Il faut bien sûr se garder de confondre graphobie et  graphophobie, dont pour ma part je ne suis pas du tout affecté, Dieu sait, étant plutôt sujet à la graphomanie, au contraire. Je vis dans le fantasme d’une écriture qui serait aux commandes de l’existence, qui confèrerait une forme à tous les instants. »

Je ne savais rien de Renaud Camus il y a encore peu. C’est à travers le blog de Mme de Véhesse (adresse : http://vehesse.free.fr/dotclear/ ) , elle-même découverte comme rédigeant, ainsi que j’avais entrepris de mon côté de le faire, des comptes-rendus exhaustifs des leçons et séminaires de Compagnon au Collège de France, que j’ai découvert son existence. Mme de Véhesse est l’une, semble-t-il, de ses prêtresses les plus attachées. « La », peut-être.

Je n’ai réussi à lire, isolé au sein d’une œuvre proliférante et logorrhéenne, qu’un très joli petit  livre de Renaud Camus: Le chien Horla, souvenir d’une affection canine qui m’a touché.  Pour le reste, et ses interminables journaux, les manifestations littéraires d’une homosexualité  aux détails physiologiques sans voiles ont bloqué, après une modeste tentative de survol en librairie, mes velléités de lecture. Il semble cela dit excellent prosateur, assez « grand siècle » par ailleurs …

Quoi qu’il en soit, je me sens un peu embarqué dans une exigence d‘information complémentaire, et la forme séminaire comme le caractère assez théorique du thème retenu militent fortement en faveur d’une tentative de ma part au moins d’écoute sans a priori.

Donc …

Remarque  délirante ( ?): Si graphobie semble bien être un néologisme « renaudcamusien », un terme proche existe, qu’attestent les dictionnaires : agraphobie, qui désigne la hantise pathologique des violences, du viol. En termes d’étymologie et d’alpha (de a) privatif, on peut jouer à déduire agraphobie de graphobie pour prétendre que le premier vocable nie le second. Et remontant la pente, à interpréter la graphobie  s’opposant à son tour à agraphobie, comme une prévention des violences redoutées de la vie, auxquelles on oppose, en quelque sorte par avance, leur écriture, dont on espère qu’elles s’y conformeront. Hum ….

Le 30 mars – Enquête sur le père de et par Dominique Fernandez.

Alors là !

C’est presque la cerise sur le gâteau !

Je devais ces jours-ci me mettre à la rédaction d’un compte-rendu du Ramon de Dominique Fernandez, qui a occupé tous les moments de la trêve des confiseurs que j’ai pu dérober aux contraintes familiales.

Je devais …  et je vais! Ceci ne change en rien cela.

Mais belle satisfaction anticipée que de voir côte à côte le Compagnon du « Cas Bernard Faÿ » et le Fernandez de « Ramon », le premier dans l’angoisse du clonage, le second dans l’étreinte de la filiation.

Magnifique.

Attractif en tout cas, cette qualité 2010 annoncée de quelques séminaires . Certes le nom ne suffit pas quand on a souvenir  des pantalonnades  éculées d’un Philippe Sollers ou des épuisements browniens et inhomogènes d’un Jean Clair.  On avait attendu Annie Ernaux, Jean Rouaud, Claude Lanzmann , Henri Raczymow … au bout du compte médiocrement performants.  Oui, bon, un petit sursaut d’intérêt, petit, partiel, ici ou là, mais enfin …

Mieux ce coup-ci ? Effet d’annonce ? Il me semble que ce sera autre chose.  Mais …

En attendant peut-être les déceptions, reconnaissons qu’il relance l’intérêt, Antoine, côté thèmes et invitations. Encore va-t-il falloir trouver le moyen d’y être ces jours-là. Pas gagné.

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  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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