En attendant Yves Bonnefoy ...
Leçon n° 2 - Mardi 10/1/2012 (16h30 – 17h30).
Cette fois-ci, c’est en salle 2 qu’on nous aiguille à 16h15 . Petit amphi classique. Cent places ? Il est déjà presque plein. A l’écran, une vue de l’estrade vide de Marguerite de Navarre. Déprimant. Autour de moi, quelques conversations. On met un néophyte au courant du cours précédent. Elle (c’est un néophyte de sexe féminin) pousse des Oh ! et des Ah ! gourmands. Comme quoi, le meilleur, c’est toujours l’attente. 16h30. L’officiant arrive.
Antoine Compagnon fait semblant de démarrer sur les chapeaux de roue. Aujourd’hui, ce sera ‘‘Baudelaire et la presse’’. Bon, enfin, quand même, au départ – et le rythme immédiatement s’alanguit – c’est à une introduction nous avoue-t-il à la modernité selon Baudelaire qu’il avait pensé pour ce deuxième cours; mais non, trop délicat, compliqué, mieux vaudra aborder l’affaire par l’exemple, et puis, quoi qu’il en soit, il faut de toute façon commencer par revenir sur deux des points soulevés la dernière fois. Antoine Compagnon ou l’enlisement préalable comme incipit pédagogique.
En fait, Robert Kopp lui a glissé deux mots, à l’issue du dernier cours. Ancien assistant de Georges Blin au Collège de France, Robert Kopp a signé en 2004 un ‘‘Baudelaire, Le soleil noir de la modernité’’ ; ce titre en forme de clin d’œil à Nerval, par parenthèse, n’avait pas été cité. Peu rancunier (ou au contraire, rancunier), Kopp lui a signalé qu’il était allé un peu vite en affirmant que l’expression de ‘‘petits poèmes en prose’’ avait été initiée par Sainte-Beuve dans son texte sur la candidature de Baudelaire à l’Académie Française de 1862 et que jusqu’à Mallarmé, au fond, elle n’était pas d’usage. Or, selon Kopp, Sainte-Beuve avait utilisé l’expression à propos d’Aloysius Bertrand dès 1840 … Petite recherche faite, Antoine Compagnon prend acte de la précision, tout en l’infléchissant à la lettre, car il s’agissait de ‘‘petites balades (et non poèmes) en prose’’. Comme disent les jeunes gens d’aujourd’hui : « un partout, la balle au centre ». Au passage, Compagnon souligne aussi le vocable ‘‘imagettes’’, utilisé par Sainte-Beuve dans le même texte de 1862 et dont le Trésor de la langue française affirme qu’il s’agit d’un hapax (= terme une seule fois attesté ; le plus célèbre, je le rappelle, est le mystérieux ‘‘ptyx’’ de Mallarmé : Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx, / Aboli bibelot d’inanité sonore, / (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx / Avec ce seul objet dont le Néant s’honore)). Je passe sur deux autres micro-remarques à propos, toujours dans la lettre de Sainte-Beuve, de ‘‘petite drôlerie gothique’’ et de ‘‘daguerréotype’’. Il y reviendra …
Second volet de l’enlisement préliminaire, ‘‘Le Miroir’’, coda du cours du 3 janvier. On commence par le redonner in extenso. C’est vite fait. On se paraphrase-reprend-complète ; l’homme épouvantable, c’est l’homme d’une société trop amoureuse d’elle-même, c’est le suffrage universel et le journal et peut-être aussi la photographie (avec renvois respectifs à Pauvre Belgique (en rajoutant du coup au suffrage universel, les tables tournantes et une allusion à Hugo), à Mon cœur mis à nu (avec relecture du passage déjà donné le 3/1) et au Salon de 1859).
Dans le passage relu de Mon cœur mis à nu apparaît le mot muraille. La face humaine s’y mire aussi et Compagnon renvoie aux graffitis divers, politiques et obscènes qui décorent les murs, avec ces lignes, toujours dans Mon cœur mis à nu : ‘‘Deux belles religions, immortelles, sur les murs, éternelles obsessions du Peuple : une pine (phallus antique) et « Vive Barbès » ou « A bas Philippe ! » ou « Vive la République »’’.
Enfin, pour compléter cela et éclairer encore les répulsions baudelériennes, un morceau de bravoure extrait d’Un peintre de la vie moderne (Eloge du maquillage) :
« (…) La négation du péché originel ne fut pas pour peu de chose dans l’aveuglement général de cette époque. Si toutefois nous consentons à en référer simplement au fait visible, à l’expérience de tous les âges et à la Gazette des Tribunaux, nous verrons que la nature n’enseigne rien, ou presque rien, c’est-à-dire qu’elle contraint l’homme à dormir, à boire, à manger, et à se garantir, tant bien que mal, contre les hostilités de l’atmosphère. C’est elle aussi qui pousse l’homme à tuer son semblable, à le manger, à le séquestrer, à le torturer ; car, sitôt que nous sortons de l’ordre des nécessités et des besoins pour entrer dans celui du luxe et des plaisirs, nous voyons que la nature ne peut conseiller que le crime. C’est cette infaillible nature qui a créé le parricide et l’anthropophagie, et mille autres abominations que la pudeur et la délicatesse nous empêchent de nommer. C’est la philosophie (je parle de la bonne), c’est la religion qui nous ordonne de nourrir des parents pauvres et infirmes. La nature (qui n’est pas autre chose que la voix de notre intérêt) nous commande de les assommer. Passez en revue, analysez tout ce qui est naturel, toutes les actions et les désirs du pur homme naturel, vous ne trouverez rien que d’affreux. Tout ce qui est beau et noble est le résultat de la raison et du calcul. Le crime, dont l’animal humain a puisé le goût dans le ventre de sa mère, est originellement naturel (…) ». On est assez loin de Rousseau …
Ayant ainsi posé ses (et ces) repentirs, Antoine Compagnon nous redit : En avant ! Retour donc au sujet annoncé, la presse, avec proclamation d’un Baudelaire journalistiquement ambivalent : moderne / antimoderne.
On commence par évoquer Jacques Rivière citant, dans la NRF, Paul Claudel qui parle à propos de Baudelaire d’un extraordinaire mélange de style racinien et de style journalistique de son temps ; évocation de la coexistence de termes rares et de vocables farfelus, de l’apparition de mots humbles jouxtant des mots hardis, de formes imprévues comme de formes saugrenues, dans des affrontements dont le caprice poétique ouvre et en même temps réduit l’écart. On en appelle aussi à Gide analysant l’apparente impropriété des termes chez Baudelaire, en ajoutant qu’on trouve également ce trait chez Racine, une discontinuité, un intervalle, un ‘‘laps’’ (visiblement, l’audace du laps plaît bien à Compagnon) entre le mot et l’idée ; tout cela, et c’est un peu dommage, sans exemple ; un amalgame où se fondent l’idéal et le trivial … d’où l’on glisse à l’examen d’une éventuelle politique de l’édition. Baudelaire (sur une suggestion d’Arsène Houssaye qui lui ‘‘sourit beaucoup’’) aurait souhaité une répartition des textes de ses Petits poèmes en proses entre des revues à caractère littéraire (comme L’Artiste) et le niveau plus vulgaire des quotidiens (ainsi, La Presse), mais ….
Additif : En fait, sur la période 1857-1867, quatre textes sont publiés en 1857 dans Le Présent ( qui s’annonce Revue hebdomadaire de la littérature et des beaux-arts, fondée par Etienne Mollier le 2 juillet 1857); trois en 1861 dans La Revue Fantaisiste (fondée en 1860 par Catulle Mendès) ; quatorze en 1862 dans La Presse (que dirige Arsène Houssaye); en 1863, sept dans la Revue nationale et étrangère (fondée en 1860 par Gervais Charpentier, connu comme ‘‘l’inventeur du livre de poche’’ ) et deux dans Le Boulevard (revue fondée par Etienne Carjat); en 1864, cinq dans Le Figaro (fondé en 1826 à l’initiative du savant Etienne Arago et d’un chansonnier, Maurice Alhoy ; initialement journal satirique devenu quotidien d’information en 1866 sous l’impulsion d’Hippolyte de Villemessant) , un dans La Vie parisienne (magazine illustré qui incarnera l’esprit parisien et inspirera le titre de l’opérette de Meilhac et Halévy, fondé en 1863 par Emile Marcelin (de son vrai nom Emile Planat)), un dans L’Artiste (fondé en 1843 et que dirige Arsène Houssaye) et deux dans La Revue de Paris (fondée en 1852 par Arsène Houssaye) ; en 1865, un dans L’Indépendance belge (quotidien bruxellois); en 1867, trois (dont deux à titre posthume) dans la Revue nationale et étrangère.
… en même temps, Baudelaire poursuit le projet de tout rassembler dans un livre. Dans les faits, lui qui a parlé à propos de Sainte-Beuve de poète-journaliste aurait pu, et plus encore, s’appliquer le qualificatif. Il s’agite beaucoup pour « caser » ses textes dans des journaux dont plusieurs, coïncidence ou pas, cessent de paraître après l’avoir publié ! Ses rapports avec les éditeurs sont difficiles ; il s’insurge quand on prétend rectifier sa prose. Dans une lettre à Gervais Charpentier, directeur de la Revue nationale, qui avait cru bon d’affadir une des phrases les plus suggestives de La belle Dorothée, il écrit ( 20 juin 1863) : « Je vous avais dit : supprimez tout un morceau, si une virgule vous déplaît dans le morceau, mais ne supprimez pas la virgule, elle a sa raison d’être. J’ai passé ma vie entière à apprendre à construire des phrases, et je dis, sans crainte de faire rire, que ce que je livre à une imprimerie est parfaitement fini. »
Il écrit aussi, dans Mon cœur mis à nu : « … Charpentier, qui corrige ses auteurs, en vertu de l’égalité donnée à tous les hommes par les immortels principes de 89 (on retrouve l’argument du Miroir). ». Et plus loin : « Les directeurs de journaux, François Buloz, Houssaye, Rouy, Girardin, Texier, de Calonne, Solar, Turgan, Dalloz. Liste de canailles. Solar en tête. »
Survient une remarque qui m’échappe en partie mais qui pourrait avoir un rapport ( ?) avec la référence (cf. supra) à Jacques Rivière citant Claudel, sur une citation (Compagnon n’a donné que la fin) du Salon de 1859 où on lit : « … {nous avons déjà parlé de Jamais et Toujours ; je n’ai pas encore pu trouver l’explication de ce titre logogriphique. Peut-être est-ce un coup de désespoir, ou un caprice sans motif, comme Rouge et Noir. Peut-être M. Hébert a-t-il cédé à} ce goût de Mm. Commerson et Paul de Kock, qui les pousse à voir une pensée dans le choc fortuit de toute antithèse. » Un logogriphe est une énigme où l’on donne à deviner un mot à partir d’autres formés par tout ou partie de ses lettres (Exemple : ‘‘Sur mes cinq pieds je suis irréprochable ; ôtez m’en un, je chante l’espérance ; je rampe si vous m’en ôtez deux et je vous deviens familier, si vous m’en ôtez trois’’ – Il s’agit de trouver « vertu », aidé de « vert », ver » et « tu » ). Plus usuellement, un logogriphe est un texte énigmatique. Quant au titre du roman de Stendhal, il était pourtant explicite depuis sa parution en 1830, Rouge pour la tentation militaire de Julien Sorel, Noir pour sa tentation ecclésiastique. Curieux, ce sans motif de Baudelaire . Mais je m’écarte là du cours où seul sont restés, et je n’ai pas saisi le fil, Mm. Commerson et Paul de Kock.
Quoi qu’il en soit, je vois que j’ai écrit à ce moment-là dans la marge de mes notes : ‘‘Tout cela est assez confus, sans ligne claire’’. Irritation ponctuelle après quarante minutes de cours. Mais de toute façon, l’impression d’aller à l’aveuglette est une constante de la démarche d’Antoine Compagnon, au point qu’au moment de faire, après coup, le bilan et la synthèse de ce tout, copieux, qu’on a griffonné, on se retrouve surpris de la somme d’informations, de départs de pistes, d’incidentes, qui ont fait la trame d’un discours dont nul véritable plan ne se dégage, comme s’il y avait là une pensée avide de détails mais qui recule devant leur articulation autour de quelques idées fortes. Il a pourtant devant lui une dizaine de feuillets auxquels il se reporte constamment, preuve que l’affaire a été préparée, mais alors comment, dans quel esprit, une simple compilation de références ? Et la pensée de l’une à l’autre comme une boule de flipper ? A peu près tout est énoncé avec gourmandise, dans une gestuelle qui vise à la mise en valeur, les deux mains, d’un mouvement qui ne manque pas d’élégance, indiquant une élévation … et l’on en reste, prenant du recul, à se demander si ce que l’on entend relève du joyau ou de la banalité. Poser la question, c’est quand même commencer à y répondre.
Le dernier tiers du cours s’articule plus nettement, sur deux plans.
D’une part, une focalisation (un zoom ?) sur la place des textes de Baudelaire au sein de la mise en page des publications où ils paraissent. D’autre part, quelques remarques sur trois poèmes : La chambre double, Le gâteau et Les tentations ou Eros, Plutus et la Gloire.
La salle 2, où je suis, bénéficie d’une retransmission en vidéo, mais avec un champ qui se limite à l’estrade magistrale et ignore le panneau sur lequel, dans l’amphi Marguerite de Navarre, sont projetés des fac-similés des journaux ou revues dont Antoine Compagnon analyse la présentation. L’évidence visuelle nous échappe, mais le sens du discours, est clair ; ce qui est mis en valeur, ce qui préoccupe (pour ne pas dire ‘‘interroge’’ ou ‘‘interpelle’’ ( !), mais il me semble malgré tout qu’il a dit ‘‘questionne’’) Compagnon, c’est la proximité spatiale, sur la page du journal ou de la revue, des textes de Baudelaire et de thèmes et comptes-rendus totalement hétéroclites et qui leur sont hétérogènes : la Bourse, des extraits du Moniteur, les avis de décès, le steeple-chase de Dieppe, des adjudications, des mises en vente, des publicités de tous ordres, des ragots mondains, le procès de Lavalette [ ou La Valette ? Référence imprécise ; je n’ai pas dégagé de certitude sur cette affaire ; il y a un certain nombre de procès associés à ce nom qui sont référencés sur le net ; la condamnation et l’évasion la veille de son exécution du Comte (d’Empire) de Lavalette dans les habits de sa femme, venue lui rendre visite et restée internée à sa place, est célèbre, mais date de 1815 (il y a une allusion à cette évasion dans Mon cœur mis à nu); Antoine Lavalette est un jésuite français objet d’un scandale lié à ses activités commerciales qui provoqua un procès et la dissolution de l’Ordre en France, mais l’affaire est de 1762 ; la seule affaire contemporaine que j’ai trouvée semble être celle des nombreux recours en justice qui opposèrent en Lozère une Juliette Rotguié de La Valette à un de ses voisins, un nommé Félix Chassefeyre, qui la roulait dans la farine …] …
Avec ça, la surface éditoriale octroyée à Baudelaire aura pu être la veille attribuée à une chronique théâtrale et sera peut-être prise le lendemain par le début d’un roman feuilleton. Cela pose, pour Antoine Compagnon, la question du lecteur, de son mode de lecture d’un poème en prose dans le contexte ou la chronologie d’un déferlement d’informations annexes dont il est à craindre qu’elles ne l’étouffent plus qu’elles ne l’enchâssent. Pas de privilège dit-il, et cela s’entend comme un regret ( ?), pour la poésie.
Et d’autre part …
Dans les trois poèmes retenus (il en exploite de fait quatre), Antoine Compagnon veut souligner une mise en cause des journaux, de l’activité journalistique, interprétable en termes d’agression plus ou moins cryptée du lecteur en tant que lecteur de journal et ce, dans le journal même qu’il est en train de lire …
De La chambre double (cf. mon billet du 3/1/2012), il retient : « Et puis un spectre est entré. C’est un huissier qui vient me torturer au nom de la loi ; une infâme concubine qui vient crier misère et ajouter les trivialités de sa vie aux douleurs de la mienne ; ou bien le saute-ruisseau d’un directeur de journal qui réclame la suite du manuscrit. » Il précise, pour saute-ruisseau : petit clerc de notaire, ou garçon de course ou ici commissionnaire ; c’est un terme privilégié du roman-feuilleton.
Dans le prolongement, il va, sans prévenir (m’a-t-il semblé), à un passage d’un autre poème, A une heure du matin, pour renforcer la preuve des haut-le-cœur baudelériens: « Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : ‘‘C’est ici le parti des honnêtes gens’’, ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre (…) .» Compagnon précise : Vénustre pour Vénus. Il n’en a rien dit, mais au passage, Vénustre, comme dérivé de Vénus, apparemment attesté chez le seul Baudelaire, ne peut que faire penser à une anticipation de l’ubuesque glissement de Merde à Merdre … qui pourrait s’en être inspiré ( ?).
Dans Le Gâteau ( idem : billet du 3/1), Compagnon isole : « Bref, je me sentais, grâce à l’enthousiasmante beauté dont j’étais environné, en parfaite paix avec moi-même et avec l’univers ; je crois même que, dans ma parfaite béatitude et dans mon total oubli de tout le mal terrestre, j’en étais venu à ne plus trouver si ridicules les journaux qui prétendent que l’homme est né bon. » La suite de l’histoire soulignera l’aveuglement de cette position.
Dans Les Tentations ou Eros, Plutus et la Gloire, Baudelaire, qui le regrettera au réveil, repousse, dans un rêve, les offres à première vue alléchantes de deux Satans et une Diablesse. Or, comment présente-t-il cette dernière? « ‘‘Veux-tu connaître ma puissance ?’’dit la fausse déesse avec sa voix charmante et paradoxale. ‘‘Ecoute’’. Et elle emboucha alors une gigantesque trompette, enrubannée, comme un mirliton, des titres de tous les journaux de l’univers, et, à travers cette trompette, elle cria mon nom, qui roula ainsi à travers l’espace avec le bruit de cent mille tonnerres, et me revint répercuté par l’écho de la plus lointaine planète. (…) Mais en examinant plus attentivement la séduisante virago, il me sembla vaguement que je la reconnaissais pour l’avoir vue trinquant avec quelques drôles de ma connaissance ; et le son rauque du cuivre apporta à mes oreilles je ne sais quel souvenir d’une trompette prostituée. Aussi je répondis, avec tout mon dédain : ‘‘Va-t-en ! Je ne suis pas fait pour épouser la maîtresse de certains que je ne veux pas nommer’’. » Association, insiste Compagnon, du journalisme et de la prostitution.
Allons, l’argumentation de Compagnon, sur ces quatre citations, est à la fois mieux introduite, plus ciblée et plus convaincante que les premiers zigzags du cours.