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Mémoire-de-la-Littérature
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25 septembre 2012

S'il était né dans le 9-3 ...

Longtemps, je me suis pieuté tôt. Dès fois, pas plus vite claqué l’interrupteur, boum, dodo. Sauf que dans la demi-heure, enfin, j’en savais rien, je cauchemardais grave et je me retrouvais réveillé, à plus savoir où j’étais, qui j’étais, à me prendre pour le manga que je venais de lire, ou le polar, que c’était moi James Bond et qu’on me torturait vilain, ça pissait le sang et tout, mais bon, ça durait pas. Je refaisais surface,  je me demandais quelle heure que c’était , et je restais à mater le plafond, à  essayer de deviner avec les bruits de la rue, le SDF gueulard de l’angle  qui foutait sa merde en général entre minuit et une heure, ou les blackos des poubelles, vers les cinq heures du mat,  ou Jojo qui baissait le rideau du bistrot, à deux heures,  avec deux trois gueulantes pour virer les poivrots qui tapaient l’incruste. Je guettais le bruit du RER, ça cadrait large mais enfin, s’il passait, c’était du sûr, enfin … ou moins d’une heure, ou plus de cinq. A priori, plus de cinq.

A force, j’y retournais. Sommeil. Entrecoupé de courts réveils. Des trucs me revenaient, des terreurs de gosse, un oncle super chiant toujours à me tirer les tresses. Ou bien je me voyais sautant une gonzesse. Ça j’aimais pas, tu te réveilles poisseux, t’en as foutu partout, dégueulasse. Mais bon, des fois, c’étaient de vrais souvenirs  qui se pointaient, de vraies meufs que j’avais mises bien profond, par devant, par derrière, et qui m’avaient plu, et ça, c’était quand même plutôt bien. Leur cul comme s’il était là. Putain ! Jouissif !

Qu’un mec qui dort, il a tout rassemblé autour de lui, dans lui, tout son passé, tout ce qu’il a vu, vécu, aimé, connu, pleuré, joui. Alors les trucs s’emmêlent et selon comment qu’y s’est endormi, qu’il a bougé, tout ça, quand y se réveille, c’est la grande salade, le grand voyage dans l’inconnu, où je suis, qu’est-ce que je fous là, et c’est d’ailleurs quoi là, c’était hier que je suis arrivé ou il y a longtemps, enfin le bordel, quoi. On s’y retrouve vite mais les premières secondes, c’est le putain de défilé ! Après, du coup, au matin, j’avais pas envie de me lever, je restais à traîner au plumard et à me ressouvenir. De tout.

Marcel Proust (T’as qu’à faire replay, mec – Gallimard éd.)

Peut-être l'aura-t-on compris, j'ai commencé à relire A la recherche du temps perdu ....

Illiers-Combray                                   Maison Léonie

 

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  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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