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Mémoire-de-la-Littérature
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24 avril 2014

LE SONGE - H. de MONTHERLANT

 

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Alban de Bricoule et Dominique Soubrier ?

Le Songe est finalement un bon roman, un très bon roman. Je m’y suis mis sans enthousiasme et surtout pour remplir in extenso le contrat. Au bouquin près de Jean-Norton Cru que je gardais pour la fin (j‘y arrive), il ne me manquait que Montherlant pour venir à bout de la petite bibliographie liminaire d’Antoine Compagnon.

Le thème, l’auteur - je n’ai aucune sympathie particulière pour Montherlant - tout me freinait.

Les débuts d’ailleurs m’ont été un peu pénibles. La phraséologie des premières pages, les théories d’Alban sur sa relation avec la sculpturale et sportive Dominique, cet idéalisation d’une amitié féminine à la fois virilisée et désexualisée, bon … Et puis la mayonnaise prend, on s’intéresse.

L’idéologie manifestée a ses ridicules? Soit, mais peu à peu l’écrivain s’impose et on s’aperçoit qu’on est « en littérature ». Je n‘ai pas vraiment pris de notes, sauf tout à fait à la fin, et encore, lapidaires, subjectives, pour me souvenir que tel passage m‘avait retenu, sans plus de précision..

Drôle de type cet Alban mais enfin, certains aspects renvoient à sa propre jeunesse, à cette fin d’adolescence où, nourri par des lectures classiques, on baigne encore au sein d’idéaux chevaleresques où l’amitié l’emporte sur l’amour , où la camaraderie semble élargir l’âme et l’amour en restreindre les horizons. Ensuite, on vieillit.

Le personnage n’est pas sympathique, trop en représentation de lui-même, mais le front l’humanise et dans son amitié avec l’aspirant Prinet, sans guère d’autre fondement qu’une sorte d’attendrissement protecteur du fort au faible, ou qui croient l’être, il y a d’indiscutables passages forts, jusqu’au morceau de bravoure de l’obus qui dévaste la cagna et sonne Prinet sans le blesser, occasion d’une mise en scène de mort faussement annoncée qui est un beau morceau d’écriture.

La seconde moitié du roman est plus riche que la première de ces moments d’une émotion qu’on partage ou qui indigne (la mort du chien qu’a recueilli Prinet et qu’Alban abat sans état d’âme). La pitié aux effets négatifs du dialogue d’Alban avec un prisonnier allemand grièvement blessé, la recherche de Prinet dans le danger de la première ligne, on est loin des agaçantes rodomontades du début, des discours psychorigides ou convenus sur Dominique et l’idéalisation de leur relation exceptionnelle et non pareille, sur Douce et les autres corps d’occasion servant à l’indispensable et nécessaire élan vital du plaisir des sens, on est loin de la théorie, on est dans le vrai.

La mort du gentil Bellerey est un morceau touchant. La confirmation de la mort de Prinet et le choc émotif, derrière, belles pages aussi. Les affres amoureuses de Dominique après le rejet d’Alban qui refuse de rentrer dans le rang des tendresses dégradantes et veut repartir vers les cimes, temps fort.

Un vrai roman. Comme cela, sans davantage réfléchir, à chaud (je l’ai terminé hier), Le Songe rejoint les livres de Drieu et de Giono sur le podium des romans conseillés et non précédemment lus qui m’ont donné l’impression d’être écrits par des écrivains..

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  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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