LEÇON N° 4 - du 30 janvier 2018
ARMAND CARREL (buste de David d'Angers)
Ecoute audio - Je me suis à moitié endormi. Belle chevelure, Armand. On n'est pas tellement étonné qu'au début des années 1820, sous-lieutenant à Verdun, il ait séduit la jeune épouse (elle n'avait pas 20 ans) de son vieux capitaine. Emilie Antonine, c'était le nom de l'infidèle, quitte pour lui son barbon et le couple durera jusqu' à la mort, précoce et en duel, de Carrel en 1836.
Sinon?
Pas retenu grand-chose, au milieu des notations érudites d'A.C. qui nage comme poisson dans l'eau dans les remous militaro-litteraro-journalistico-politiques de cette première moitié du XIX° siècle qu'il nous raconte.
Né en 1800, Saint-Cyrien au caractère rebelle, Carrel n'est militaire que deux ans. Anti romantique, anti-Hugo, anti-Dumas, soldat-poète dira de lui Jules Janin. Deux jours après avoir démissionné, il reprend pourtant du service dans la Légion étrangère qui se bat au côté des espagnols contre l'expédition française de 1823-1824. Il sera pour cela jugé trois fois, passant de la condamnation à mort à l'acquittement.
On voit passer la Charbonnerie, mouvement qui regroupe tous les mécontents de la Restauration et verse dans le complotisme inefficace. Sont évoqués les Quatre sergents de La Rochelle, guillotinés pour l'exemple en place de Grève, à Paris, le 21 septembre 1822.
Les dates usuelles défilent : la Charte octroyée de 1814 (Louis XVIII), Charles X succédant à Louis XVIII à la mort de ce dernier en 1824, les Trois glorieuses (27-28-29 juillet) de 1830 qui le renversent et le remplacent par Louis-Philippe, Duc d'Orléans, l'enterrement du général Lamarque, un des chefs de file des Républicains (trois jours après les obsèques d'Evariste Galois) en juin 1832 et l'insurrection avortée qui le suit, le massacre de la rue Transnonain en avril 1834 où tout un immeuble est tué par la troupe pour un coup de feu tiré d'une fenêtre et qui a blessé un capitaine d'infanterie, sur place en raison de manifestations hostiles au pouvoir, et bien sûr la Révolution de 1848 sonnant la fin de la Monarchie de Juillet et les débuts de la Deuxième République.
Où est Armand Carrel, mort en 1836, là dedans? Il est de toute façon présent en filigrane à travers son quotidien, Le National, référencé tout au long de la leçon, qu'il a fondé en 1830 avec Adolphe Thiers et François-Auguste Mignet, et dont il prend le contrôle après les journées de Juillet, journal qui, partisan au départ d'un régime parlementaire sous forme de monarchie constitutionnelle, deviendra l'organe de l'opinion républicaine et sera interdit après le Coup d'Etat du 2 décembre 1851.
Il y a eu cela et bien d'autres choses, dont un passage sur l'estime de Chateaubriand pour son remuant cadet, un important article de Désiré Nisard en 1837 à l'occasion du premier anniversaire de la mort de Carrell et, en forme d'importante étude, trois Lundis (en 1852) à Carrel consacrés par Sainte-Beuve ... mais je suivais trop mal .
La suite mardi prochain ... et sans doute quelques détails sur le duel fatal avec Emile de Girardin.
