ESSAYONS DE REPRENDRE .... MALRAUX - ANTIMEMOIRES
Epuisant Malraux! Après 379 pages de vaticinations dans l'édition de poche des Antimémoires dont je dispose et qui en comporte 634, je vais abandonner.
J'ai beaucoup aimé, adolescent, La voie royale, Les conquérants, La condition humaine, bien sûr, et plus tard, une demi-douzaine d'années plus tard, je me suis enthousiasmé pour L'espoir.
Les chênes qu'on abat , la mort de De Gaulle en obligeait la lecture . Il ne m'en reste rien. Et puis l'entrée de Jean Moulin au Panthéon, parmi ses oraisons funèbres. Mais c'est à peu près tout. J'avais soigneusement contourné Les voies du silence et ignoré le reste.
J'ai voulu tenter un retour avec les Antimémoires. Son Inde m'y a écrasé de références et la mélopée ininterrompue de son lyrisme débridé a eu raison, malgré la poésie lancinante qui peut parfois s'en dégager, de mon obstination culturelle. Ses bougainvillées itératives ont terrassé ma patience, comme le verbatim de ses échanges avec Nehru, Gandhi et consorts et le flot incessant des vérités péremptoires et philosophantes qu'il ne cesse de m'asséner au milieu de l'évocation de lieux dont jusqu'au nom m'échappe, d'aubes et de crépuscules peuplés de vaches sacrées, de brahmanes, de bûchers où se consument sans fin les âmes des bords du Gange aux lueurs pâles de Bénarès, alors que la Bhagavad Gita fait pleuvoir sur moi ses citations tandis que le prince Siddhartha fuit son palais en catimini pour accomplir son destin ...
L'immense culture de Malraux m'est devenue un étouffoir. Comme disent les jeunes : Respect, mais j'abandonne. J'ai un peu honte, à dire vrai, seulement, l'âge venant, je n'ai plus le temps.