Préface, traduction et notes à ...
La Bible d’Amiens, de John Ruskin
Par Marcel Proust.
Ayant ma mie accompagnée
En Amiénois l’autre journée
Ai profité de l’occasion
Qui comme on sait fait le larron
Pour cathédrale visiter
Puis, pour mieux me documenter,
En très fort belle librairie,
Livre acheter, à très fort prix!,
Que j’ai lu, et que me propose
Vous résumer un peu, si j’ose.
Après avoir hésité entre deux éditions, je crois finalement que j’ai pris la bonne, établie par Yves-Michel Ergal, maître de conférences à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et auteur de quelques Prousteries antérieures.
C’est édité chez Bartillat et ça coûte 25 euros. Mais on n’a rien sans rien, n’est-ce pas?
Le bouquin est assez passionnant. Tout le bouquin? En fait surtout l’introduction d’Yves-Michel Ergal (et ses notes complémentaires tant sur Ruskin que sur la traduction ou les circonstances de la traduction de Proust), la préface de Proust et, paradoxalement, tout ce dont Ruskin, dans son texte, entoure et entrelarde ce qu’on croyait être son sujet principal et qui fait de sa “présentation” de la cathédrale autre chose, une méditation étonnamment primesautière, sympathique, anecdotique et large tant sur l’humeur, la grandeur et les petitesses du voyageur générique que sur les épisodes successifs de l’Histoire de France depuis les débuts de la chrétienté.
Proust s’est pris de passion pour John Ruskin et il lui a pratiquement consacré dix ans de travail, de 1896 à 1906, lisant tout ce qui s’était écrit sur lui et traduisant, outre La Bible d’Amiens, Sésame et les Lys. Et la fin de ces années ruskiniennes, qui sont aussi des années complémentaires de formation à l’immense effort reclus que sera la Recherche, coïncide avec la mort des parents, d’abord le père, Adrien Proust, le 24 novembre 1903 (Marcel est dans la correction des épreuves de la Bible de Ruskin et il va en modifier la dédicace, s’excusant auprès de Reynaldo Hahn, initialement prévu, de donner la priorité à son géniteur), puis la mère chérie, Jeanne Weil, épouse Proust, le 26 septembre 1905.
"Cette période - écrit Y-M Ergal - voit l’évolution d’un jeune homme, pétillant d’intelligence, débordant d’ambition et confit de snobisme, produit de la haute bourgeoisie parisienne aisée, encore tout feu tout flamme envers les promesses de la vie, à un homme mûr, mélancolique, inquiet, valétudinaire, ne sachant pas si le Temps lui laissera le loisir de mener à bien l’œuvre d’une vie, dont il définit les premiers contours, à cette époque de toutes les émancipations, la principale demeurant l’irrémédiable éloignement du maître John Ruskin."
Il y avait donc un deuxième père à tuer!
John Ruskin, né à Londres en 1819, meurt en 1900 dans sa propriété de Brantwood, auréolé d’un prestige dont il est difficile aujourd’hui de mesurer l’ampleur (on parle de lui comme du “Prophète de Brantwood”). Selon Y-M Ergal, il faut, en France, penser à la mort de Victor Hugo pour trouver une équivalence, et il faut penser à Gœthe en Allemagne. Ruskin s’était installé à Brantwood en 1872, avec vue sur le lac de Coniston. On est là dans le Yorkshire, à 350 km au nord de Londres. Les petites villes proches se nomment Ambleside ou Windermere, la grande métropole voisine est Kingston upon Hull, sur l’estuaire de la Humber. Brantwood House, une belle bâtisse dans un beau parc. On peut aujourd’hui y louer des chambres pour séjour touristique.
Connexités non-signifiantes: Sur le lac de Coniston, en 1967, Donald Campbell a trouvé la mort, dans l’envol à 500 km/h de son “Oiseau bleu” avec lequel il voulait battre un record de vitesse sur eau. Et puis, charme exotique des noms, une pièce d’Oscar Wilde est titrée “L’éventail de lady Windermere” ...
John Ruskin est millionnaire et excentrique, il s’occupe d’art (Chaire d’esthétique à Oxford depuis 1869) mais aussi d’économie, avec un véritable intérêt pour les questions sociales et l’utopie du même nom, n’hésitant pas à engager des fonds dans ce sens: édification de logements sociaux, assainissement de l’East End londonien, ... Malheureusement, l’exaltation de cet amoureux du “sublime dans la nature”, totalement engagé dans une réflexion sur le rapport entre l’art et la vie et admirateur éperdu des peintures de Turner, le conduira jusqu’à la folie.
Dernières années du siècle (1895-1900): l’anglomanie qui se développe dans les milieux mondains, l’air du temps qui est à la réhabilitation des trésors du gothique français avec le succès de l’ouvrage d’Emile Mâle, “L’art religieux du XIII° siècle en France”, tandis qu’Eugène Viollet-le-Duc intervient un peu partout dans la restauration des églises et des cathédrales, tout conduit Proust vers Ruskin. Marcel est plus qu’imparfaitement familier de la langue anglaise mais il y a sa mère, qui va traduire mot à mot La Bible d’Amiens et lui permettre ainsi de faire sur des bases solides son travail de réécriture, auquel il s’attelle en 1898-1899, abandonnant pour cela à l’état de fragments épars des ambitions romanesques en cours qui seront rassemblées bien plus tard, dans les années 1950, sous le titre: Jean Santeuil.
Y-M Ergal veut voir dans la décision de Proust de traduire cet ouvrage-là de Ruskin, outre quelques autres bonnes raisons (dont le fait qu’il ne l’a jamais été, traduit), ceci que “la lecture de la
Comme il veut lire “aussi”, dans la collaboration “ruskinienne” qui va à ce propos pendant quatre ans à partir de 1896 s’installer entre Marcel et Marie Nordlinger, cousine de Reynaldo Hahn et parfaitement anglophone, un “habillage” rassurant pour Jeanne Proust - les préférences sexuelles de Marcel sont de plus en plus difficiles à nier, il y a eu les railleries de Jean Lorrain en 1897, et le duel pour s’en défendre, fût-il largement convenu et mondain - , comme il veut lire donc, une situation “où maman est heureuse parce que, grâce à Ruskin, non seulement le fils chéri a trouvé une activité honorable, mais aussi parce que l’espoir est là, celui peut-être d’une union entre Marie et Marcel, tant la relation [lui] semble naturelle...” . Illusions maternelles, bien sûr...
Ruskin a écrit The Bible of Amiens dans les années 1880-1885. Ce ne devait être que le début d’un projet gigantesque qui n’ira pas au-delà pour cause d’apparition de crises de démence dépressive, suivies de deux congestions cérébrales. Son dernier grand texte de fait, donc, sous le chapeau général dont il ne devait être que les prémices: “Our fathers have told us”. Ruskin voulait brosser le tableau complet - qu’il prévoyait en dix volumes! - de l’histoire de l’art religieux européen ... Puis il dut s’interrompre. Il avait écrit en 1873: “Then comes the time of labour, when, having become the best he can be, he does the best he can do. Then the time of death, which, in happy lives, is very short: but always a time. The ceasing to breathe is only the end of death”.
Soit à peu près: “Alors vient le temps du travail, quand, parvenu à son meilleur, on œuvre de son mieux. Lui succède le temps de la mort, très bref dans les vies heureuses, mais toujours une durée. Et puis la mort prend fin, avec le souffle ”. Belle formule et belle philosophie.
Dans une longue préface, qui pourrait valoir résumé et par certains aspects dispenser même de la lecture du travail de Ruskin, Marcel Proust conduit autour de son sujet une méditation qui entremêle ses digressions à celles dont la Bible d’Amiens est si riche qu’elles y deviennent ici ou là le cœur du propos. Curieuse approche, mais qui pousse elle-même à la réflexion lente, à la suspension de la lecture au profit de la rêverie interrogative. Ainsi peut-être de cette Vierge Dorée du portail Sud de la cathédrale .... “la jolie petite madone française qui en occupe le milieu, avec sa tête un peu de côté, son nimbe de côté aussi, comme un chapeau seyant” [Ruskin], et qui inspire à Proust ce commentaire excroissant: “Sans doute si, comme on l’a dit, à l’extrême vieillesse, la pensée déserta la tête de Ruskin, comme cet oiseau mystérieux qui dans une toile célèbre de Gustave Moreau n’attend pas l’arrivée de la mort pour fuir la maison, - parmi les formes familières qui traversèrent encore la confuse rêverie du vieillard sans que la réflexion pût s’y appliquer au passage, tenez pour probable qu’il y eut la Vierge Dorée (...) et croyez que Ruskin ressentait un plaisir obscur à [en] voir un moulage, [elle ainsi] descendue, par l’entraînement invincible du temps, des hauteurs de sa pensée et des prédilections de son goût, dans la profondeur de sa vie inconsciente et dans les satisfactions de l’habitude”.
La Bible d’Amiens, pour Ruskin, c’est essentiellement le Porche Occidental et son fourmillement sculpté, où il lit la Bible, toute la Bible, en pierre. Marcel Proust : “En voyant monter vers le ciel ce fourmillement monumental et dentelé de personnages de grandeur humaine dans leur stature de pierre tenant à la main leur croix, leur phylactère ou leur sceptre, ce monde de saints, ces générations de prophètes, cette suite d’apôtres, ce peuple de rois, ce défilé de pécheurs, cette assemblée de juges, cette envolée d’anges, les uns à côté des autres, les uns au-dessus des autres, debout près de la porte, regardant la ville du haut des niches ou au bord des galeries, plus haut encore, ne recevant plus que vagues et éblouis les regards des hommes au pied des tours et dans l’effluve des cloches, sans doute à la chaleur de votre émotion vous sentez que c’est une grande chose que cette ascension géante, immobile et passionnée. Mais une cathédrale n’est pas seulement une beauté à sentir (...) c’est encore un livre à comprendre. Le portail d’une cathédrale gothique, et plus particulièrement à Amiens, la cathédrale gothique par excellence, c’est la Bible (...) [et] la Bible [est] écrite au porche occidental d’Amiens”.
Il y a chez Proust, développée à partir de là, cette idée somme toute banale, mais qu’Y-M Ergal valorise dans ses notes de références universitaires et d’une filiation enracinée dans la littérature, évoquant Shakespeare (Comme il vous plaira) et Thomas Hardy (Tess d’Urberville), que les pierres nous parlent, porteuses d’une histoire et de l’enseignement de ceux qui les ont côtoyées, travaillées ou si j’ose dire, comme en une méditation active, réfléchies. Fruits des croyances, de la foi, du labeur des hommes du XIII° siècle, ces statues du porche en qui nous relisons la Bible, sont la présence vivante, tangible, renouvelée d’une humanité en marche et constamment oublieuse et constamment à réinterpréter. Et quand nous sommes devant “une sorte de livre ouvert où chaque caractère est une œuvre d’art (...) que personne ne comprend plus [nous pouvons néanmoins] lui donnant un sens moins littéralement religieux qu’au Moyen Âge (...) le rattacher à quelqu’un de ces sentiments qui nous apparaissent par delà notre vie comme la véritable réalité (...). Et - poursuit Proust - les pierres d’Amiens ont pris pour moi (...) comme la grandeur qu’avait la Bible, alors qu’elle était encore vérité dans le cœur des hommes [qui les ont sculptées] et beauté grave dans leurs œuvres (...) Et c’est l’âme de Ruskin que j’y allais [aussi] chercher et qu’il a imprimée aussi profondément aux pierres d’Amiens qu’y avaient imprimé la leur ceux qui les sculptèrent”.
Proust insiste beaucoup, dans sa préface, sur quelque chose qu’il m’est difficile de réellement appréhender, comprendre de l’intérieur, que je lis mais n’assimile pas vraiment tant ma nature propre y est - dans son irrémédiable médiocrité? - fermée: cette idée de l’artiste comme “traducteur”, “le poète étant pour Ruskin comme pour Carlyle, une sorte de scribe écrivant sous la dictée de la nature une partie plus ou moins importante de son secret”. Avec en outre une conception qui me semble hugolienne du “génie”, relevant pour moi - seulement pour moi? - d’une illusion romantique totalement dépassée, renvoyant en fait à une logique (?) du pré-rationnel! : “De tels hommes, attentifs et anxieux devant l’univers à déchiffrer, sont avertis des parties de la réalité sur lesquelles leurs dons spéciaux leur départissent une lumière particulière, par une sorte de démon qui les guide, de voix qu’ils entendent, l’éternelle inspiration des êtres géniaux”. Et plus loin: “Ruskin a promulgué le devoir pour l’artiste d’obéir scrupuleusement à ces voix du génie qui lui disent ce qui est réel et doit être transcrit ...”. Ces exaltations me dépassent d’autant que je les trouve délirantes, infondées, infondables ...
Une chose est assez frappante. La Bible d’Amiens n’est que le premier volume, je l’ai dit, d’un projet (Our fathers have told us) qui devait en comporter dix, qui était conçu, souligne Y-M Ergal, “selon un plan minutieux aux parties se répondant les unes aux autres, bâtissant [l’] ouvrage comme les cathédrales [à y décrire]”. “Proust a certainement entrevu l’architecture de la Recherche grâce à cette vision ruskinienne de la composition” [Y-M Ergal] et il l’a sans doute à partir de là préconçue dans cette idée d’une œuvre cathédrale qu’il a toujours défendue contre ses détracteurs, avec “cette angoisse du temps, de la fragilité d’une vie - née de l’exemple de Ruskin - du risque, pour l’artiste, d’avoir porté une œuvre jusqu’à sa maturation et soudain de ne pouvoir la mener à terme à cause de la maladie ou de la mort ” [Y-M Ergal].
Une belle page porte à la méditation, dans la préface de Proust, à propos “d’une petite figure de quelques centimètres, perdue au milieu de centaines de figures minuscules, au portail des Librairies de la cathédrale de Rouen”. Ruskin l’a ailleurs évoquée. Il va faire le pèlerinage et chercher la petite sculpture après la mort du maître, et par une de ces “bonnes fortunes”, un de ces “coups de bonheur” chers à Antoine Compagnon, il va la retrouver, “petite figure inoffensive et monstrueuse [qui] aura ressuscité, contre toute espérance, de cette mort qui semble plus totale que les autres, qui est la disparition au sein de l’infini du nombre et sous le nivellement des ressemblances” et il est profondément ému devant cette “pensée du sculpteur, saisie dans son geste par l’immobilité de la pierre [qui] semble vivre et regarder, ou plutôt avoir été prise par la mort dans son regard même, comme les Pompéiens dont le geste demeure interrompu (...): rien ne meurt donc de ce qui a vécu ...”.
À condition de remplacer “Esprit” par “Hasard”, l’envolée lyrique qui suit n’est pas négligeable: “Tu as eu raison de rester là, inregardé, t’effritant. Tu ne pouvais rien attendre de la matière où tu n’étais que du néant. Mais les petits n’ont rien à craindre, ni les morts. Car quelquefois, l’Esprit visite la terre; sur son passage, les morts se lèvent, et les petites figures oubliées retrouvent le regard et fixent celui des vivants qui, pour elles, délaissent les vivants qui ne vivent pas et vont chercher la vie seulement où l’Esprit leur en a montré, dans des pierres qui sont déjà de la poussière et qui sont encore de la pensée”.
Dans un long Post-scriptum, Proust essaie de s’interroger sur l’insincérité qui peut naître de l’intervention du sentiment esthétique dans l’expression (les expressions) de la pensée, voire dans la pensée elle-même, à quoi il accole le terme d’idolâtrie. Il dénonce à la fois cet effet pervers de l’art qui focalise nos disponibilités empathiques vers des situations extérieures aux urgences contemporaines, citant Ruskin à propos de l’influence de l’art réaliste sur l’esprit religieux : “ ... le même instinct morbide a souvent gagné l’esprit des artistes les plus puissants et les plus imaginatifs (...) et c’est par [là] que la sensibilité (...) a été universellement employée à se lamenter sur les souffrances du Christ au lieu d’empêcher celles de son peuple... ”, et cette incidence du biais esthétique sur le déploiement d’une argumentation (à quoi je crois beaucoup): "... je pensais aussi à ce plaisir qu’éprouve Ruskin à balancer ses phrases en un équilibre qui semble imposer à la pensée une ordonnance symétrique plutôt que le recevoir d’elle ..."
Les dernières pages de ce Post-scriptum sont très belles, qui démarrent légèrement, paradoxalement sur une sorte d’hommage critique à Robert de Montesquiou-Fezensac à qui Charlus devra tant, en quelques notations savoureuses sur son “idolâtrie”, proposée comme grossissement de celle qui se glisserait selon Proust en filigrane chez Ruskin, un Montesquiou balzacien qui reconnaît dans la toilette d’une amie “la robe et la coiffure mêmes que portait la princesse de Cadignan le jour où elle vit d’Arthez pour la première fois” et s’en écrie pour cela: “C’est bien beau!”. À partir de cette approche de l’insincérité d’une appréciation esthétique qui se fonde sur autre chose que sur la beauté de ce qu’elle contemple, les réflexions de Proust vont dériver - en contradiction partielle avec sa toute fraîche dénonciation de l’idolâtrie - vers l’enrichissement qu’apporte au désir de connaissance - que d’ailleurs il contribue à faire naître - le regard d’une pensée admirée. Et il s’attache à distinguer cette démarche du “Je dirai qu’ils sont beaux quand tes yeux l’auront dit” de Vigny (La Maison du berger), tant “l’amour (...) nous ferme (...) au sentiment poétique de la nature [quand] (...) l’admiration pour une pensée au contraire fait surgir à chaque pas la beauté parce qu’à chaque moment elle en éveille le désir ...”, défendant le principe d’une liberté acquise du disciple (“Il n’y a pas de meilleure manière d’arriver à prendre conscience de ce qu’on sent soi-même que d’essayer de recréer en soi ce qu’a senti un maître”).
Et il glisse, de cette défense et illustration du génie (ici Ruskin) comme éveilleur d’âme, comme éveilleur de sensibilité, à une méditation prémonitoire, se retournant sur ce qu’a été son apprentissage ruskinien, sur cette mémoire “qui ne se rappelle que les faits, mais du passé profond ne peut rien ressaisir”, marquant à l’évidence cette préoccupation de "l’absence de ce qui fut" qui trouvera son aboutissement dans la Recherche et les prémices de son épiphanie dans la “petite madeleine” à venir... : “... avec la mémoire glacée que nous avons gardée de ces choses, la mémoire des faits qui nous dit: “Tu étais tel” sans nous permettre de le redevenir, qui nous affirme la réalité d’un paradis perdu au lieu de nous le rendre dans un souvenir ...”. La bataille est là, devant lui, et toute son attente est déjà dite, mais il n’a pas encore forgé les armes de la victoire.
Reste à aborder ... le texte même de La Bible d’Amiens! Soyons sérieux!
Mais je vais le faire séparément, marquer d’abord une pause, après ces longs préliminaires.
Juste un mot supplémentaire à propos du titre. Je doute fort que Clint Eastwood manifeste un intérêt excessif pour John Ruskin. Pourtant, je ne peux que rapprocher, à l’oreille, spontanément, ces deux sonorités qui pour moi se répondent: Our fathers have told us (l’intitulé général du grand projet inachevé dont la Bible n’était que la première pierre) et Flags of our fathers, le titre original du premier volet du récent diptyque Eastwoodien sur la Guerre du Pacifique dont Letters from Iwo-Jima est le second. Fathers ... sans doute. Ces formulations me sont émouvantes, qui, à contenus sans rapport - ou alors ... - parlent de pères et de mémoire .... Absurdité des préoccupations subjectives. Quelquefois, on en vit.