Morales de Proust - Leçon IV [3] - Pseudo-synthèse
Morales de Proust
Amphithéâtre Marguerite de Navarre
Mardi 22 / 1 - 16h30 - 17h30
L’oubli du petit télégraphiste ...
J’ai omis - honte à moi - quelques lignes de notes me rappelant qu’après la lecture du Brichot-Kant de sa piste n°2 (cf. Leçon IV[2]), Antoine Compagnon a précisé que le mythe sexuel du “petit télégraphiste” était très présent chez Proust. Il a renvoyé à une lettre de 1908 à Albufera (Marquis et plus tard Duc Louis d’Albufera, un modèle de Saint-Loup) où Proust écrit ce rêve de “rencontrer un jeune télégraphiste”.
Souvenir amusant (pour moi...): dans le cadre d’un affrontement télévisé (Campagne présidentielle de 1974?), François Mitterrand avait accusé VGE (Valéry Giscard d’Estaing) d’être le “petit télégraphiste” du président des États-Unis (je garantis le trait, le cadre politique est plus flou).
Mitterrand avait des lettres .... mais le propos cette fois-là n’était pas sexuel!
Synthèse, donc ? .....
Ce serait beaucoup m’avancer. Et de fait, derechef, c’est une table des matières qui se réinstalle:
- Morale rationnelle (Cornac) et Morale instinctive (Éléphant)
- Instinct du cœur (à suivre) et ruses de l’intelligence (à éviter)
- Morale de l’effort esthétique (l’œuvre) versus morale de la contemporanéité (Dreyfus, etc.)
- Tremblements de la reconstruction du moi, de son sens: Montaigne (Chute de Cheval), Proust (Expériences du sommeil; Nuits de Doncières)
- C’est ce Proust de la préoccupation, du souci de soi, de l’intermittence, ce Proust qui entrevoit son néant et de possibles réappropriations de son moi qui nous requiert: Article du Figaro; méprises “Gilberte” ...
- Oui, c’est ce Proust “profond” qui compte. Le Proust “manuel de savoir vivre” (A. de Botton) est peu intéressant, le Proust “romancier-moraliste” est trop ... américain, concentrons-nous plutôt sur un Proust Montano (Montaigne)- Foucaldien (Foucault). Qui suis-je puisque Qui est-il?
Réducteur, schématique et caricatural? Je ne sais.
Incidentes, extraits, passages, anecdotes, digressions donnent chair au squelette.
Et cela fait un cours. Agréable à suivre, d’ailleurs. Mais ensuite ?
Cela ne fait pas, il me semble, ce que sans doute j’attendrais: une réinterprétation “thématique” du texte, au plus près du texte.
Comme quoi - il faudra peut-être y venir - l’urgence deviendrait ... de se remettre à la Recherche, linéairement et personnellement. Relire. Tout. Lentement.
Mais là, c’est l’instinct du lecteur qui parle, tandis que son intelligence, qui s’inquiète d’un tel effort, lui fournit tout prétexte et “une tâche à assumer pour éviter celle-là”: Écouter Compagnon et, plus ou moins, le “réécrire” ....
Au fond, on ne sait jamais ni ce qu’on fait, ni pourquoi on le fait. Mais pour se sentir vivre, il faut avoir à “faire” ... et fort probablement, tous les prétextes sont bons.