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Mémoire-de-la-Littérature
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15 mars 2012

Deux repentirs: Jauss, Limonov ...

Dans mon compte rendu du séminaire de Matthieu Vernet, j'avouais n'avoir pas élucidé la référence à un phonétique "Yaouss" ou "Miaouss". C'est une commentatrice diligente et informée, signant Cerise (sans nul doute sur le gâteau!) qui a donné la solution. Il s'agit en fait et définitivement d' Hans Robert Jauss (1921-1997). Officier de la Waffen-SS pendant la seconde guerre mondiale, puis philosophe et théoricien de la littérature allemande, il a développé une théorie de la réception. Son ouvrage central, Pour une esthétique de la réception (1972), traite dans sa quatrième partie le thème de la modernité dans la tradition littéraire et la conscience d'aujourd'hui. C'est bien l'homme! Il est avec Wolfgang Iser (1926-2007; professeur d'anglais et de littérature comparée à l'Université de Constance où il côtoie son collègue Jauss), le principal tenant de l'Ecole de Constance qui dans le milieu des années 1970 construit une théorie de la réception et de la lecture sur la tension entre la permanence du texte et l'impermanence de l'acte de lire. 

Jauss proposera l'usage d'une « triade » herméneutique pour l'étude des œuvres :

  1. l'interprétation du texte où il faut réfléchir rétrospectivement et trouver les significations ;
  2. la reconstruction historique, où l'on cherche à comprendre l'altérité portée par le texte ;
  3. la compréhension immédiate du texte, de sa valeur esthétique et de l'effet que sa lecture produit sur soi-même.

Dans son Baudelaire devant l'innombrable, Antoine Compagnon, se réfère explicitement à la quatrième partie ci-dessus indiquée de l'ouvrage de Jauss.

Ndlr: ces quelques lignes de mise au point sont évidemment le résultat du pillage sans vergogne (et sans trop de recul) de deux ou trois articles du Net.

Limonov, d'Emmanuel Carrère. Dans mon billet sur le séminaire de Pierre Pachet, j'ai rapidement mais un peu cruellement évoqué ma lecture en cours du livre. J'en étais grosso modo à la moitié. Puisque je viens d'en voir le bout, je voudrais un peu "rectifier le tir". La seconde partie du livre me semble assez largement sauver la première. Les rares allusions sexuelles qui y demeurent ne sont que petites scories au sein d'un grand survol tout à fait accrocheur et intéressant des remous de la sphère soviétique dans les années 1980 et à suivre. La peinture est très enlevée et on suit ça avec un accablement amusé (horrifié, aussi). Sans entrer pour autant "en littérature", le travail de Carrère débouche sur un résultat globalement attachant. Globalement. La question de son intérêt pour Limonov reste posée, et Limonov lui-même la pose, d'autant que l'auteur du Journal d'un raté, donne malgré tout au fil des pages le sentiment d'être assez conforme à ce titre, marchant, dans une sorte d'angélisme étonné, complètement "à côté de ses pompes". Curieux bonhomme évidemment, mais pourquoi une fascination? Le bouquin, malgré tout, se laisse lire. La preuve, je l'ai lu. On ne perdra pas complètement son temps à faire de même.

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  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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