SEMINAIRE N° 8 - audio
Elle semble un peu triste, comme cela, Laurence Bertrand-Dorleac, du Centre d'Histoire de Sciences-Po, mais elle m'a – en écoute audio – beaucoup séduit. Tranchée, compétente, sûre d'elle, réfléchie, calme et vive dans l'échange post exposé avec A.C. , elle a emporté mon adhésion.
Bon, elle a discrètement flagorné en trouvant à la leçon qu'elle venait d'écouter des qualités d'organisation chronologique des données que je n'ai pas relevées, mais je ne l'inscrit pas à son débit. Il faut vivre.
En outre, bien que ne disposer que d'un enregistrement audio d'un exposé visiblement adossé pour l'essentiel à la projection de nombreuses reproductions soit a priori un handicap, je me suis intéressé de bout en bout à ce que j'entendais.
Dire que cette fois encore le thème traité m'ait semblé dans le droit fil de l'intitulé du cours serait mentir. Mais on s'habitue. Finalement, toute intervention dans laquelle figure le mot "guerre" sera désormais considérée par moi comme dans la logique même des recherches de l'année. Un exposé sur les SDF de la capitale et le système D qui leur permet de survivre, pourvu qu'il soit intitulé "A la guerre comme à la guerre", me paraîtrait ainsi particulièrement bien venu.
Antoine Compagnon, en chapeau, évoque les retours dont il dispose, émanant de son fidèle auditoire, qui se plaindrait du manque d'images. Il soupçonne l'amphi de trouver que les textes, toujours des textes, bon, ça va un peu, mais qu'il faut aérer l'attention, n'est-ce pas? Le sexagénaire attentif qui fait son fond de commerce souffrirait-il du syndrôme Des racines et des ailes? Ou alors y aurait-il une attente Stephane Bern dans le public? Diable … Inquiétant.
Quoi qu'il en soit, A.C. se dit, face à ces inquiétudes exprimées, doublement ravi d'accueillir sa séminariste du jour car, porteuse non seulement de savoir mais aussi de beaucoup d'images, il sait qu'elle va combler la fièvre iconographique de ses fidèles.
De fait, Laurence B-D présente quelques éléments d'une exposition (rapidement) à venir qui se tiendra au Louvre-Lens sur le thème des Désastres de la Guerre (1810-2014) en leurs résonances picturales et photographiques.
Des noms s'entendent, qui font musique et se suivent, dans le désordre, Jacques Callot, Watteau, Géricault, David, Goya, Picasso, Alphonse de Neuville, Constantin Guys, Boissard de Boisdenier, Swebach-Desfontaines, Jouanneau-Irriera, Vernet, Bosch, Bernard Naudin, Dix, Jean Veber, Hartung, Degas, Masson, Maurice, Edouard Detaille, Chapman (les frères, Jake et Dinos), Yan Pei-Ming. Et assurément, des images défilent, que je ne vois pas, mais qui me sont un peu racontées, dont, au fond je n'éprouve pas le besoin, et qui sans nul doute ne sont pas celles-ci:
On entend énoncer quelques assertions :
Dominant tout, parce que son après ne sera pas comme son avant, il y a Goya.
De Benjamin Constant en 1819 : Chez les modernes, une guerre heureuse coûte infailliblement plus qu'elle ne rapporte.
Stendhal, qui plaçait si haut Napoléon, interdira néanmoins littérairement toute initiation héroïque à Fabrice.
De Chateaubriand : Napoléon a tué la guerre en l'exagérant.
Des tournants dans la représentation des Désatres de la guerre sont précisés, sans oublier que tout fait ventre (pour Ming, Tian'anmen): les guerres napoléoniennes, les guerres coloniales, la guerre de Crimée, la guerre des Boers, la première guerre mondiale, la guerre d'Espagne, etc. (aura-t-on quelques massacres Hutus, c'est-à-dire de Tutsis?), sans oublier non plus la photographie, et l'on entend Roger Fenton, et Jean-Charles Langlois, polytechnicien, colonel et par ailleurs aussi peintre.
On n'a fait qu'un bout du parcours 1810-2014. Mais on l'a fait fort plaisamment.
Mon billet ne rend pas justice à la précision de l'historienne, nageant qu'il est dans l'à-peu-près, mais l'exigeant(e) s'en retournera au site du Collège. Pour ma part, cet agréable survol connoté par d'indiscutables horreurs guerrières me suffira pour aujourd'hui.






























