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Mémoire-de-la-Littérature
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13 janvier 2017

SUR LA LEÇON N° 2 – Mardi 10/1/2017

  Paul Valéry   Eric Cantona

La question est : Paul Valéry, qui se disait philosophe sportif, était-il pour autant un sportif philosophe, catégorie qui, pour ses aphorismes sentencieux, pourrait inclure Eric Cantona?

Passons ………..

Pas mal de citations, aujourd'hui. Finalement, quelle est la méthode? Choisir un vocable du champ lexical de l'affrontement, de la guerre, ou de son pendant pacifique, le sport, en attendant le grand banditisme, et en chercher les traces dans la grande littérature ou la moins grande, en passant s'il le faut par le journalisme.

Puis dire qu'on traite ainsi de la littérature comme sport de combat.

Au détour d'une phrase, A.C. nous affirme que la règle, dans la grande maison qui désormais l'accueille, c'est d'avancer sans trop savoir où l'on va. De la maternelle à l'université, on enseigne ce qu'on sait. Au Collège de France, on  raconte ce qu'on cherche. Là, des enseignants, ici des encherchants.

Profession? Encherchant au Collège de France. Soit.

Compte-rendu non objectif, lacunaire et décousu .

Majeure partie de la leçon du jour : Qui a parlé d'athlète à propos de quel littérateur? Dernier quart d'heure : Qu'est-ce donc qu'un Bravo, avec B majuscule, quand il ne s'agit pas de le crier? Période concernée : 1820-1870.

Victor Hugo, Odes et Ballades, Livre  Quatrième.

Odes X (Le champ de l'Arène), XI (Le chant du Cirque), XII (Le chant du Tournoi) (https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_et_Ballades)

Ode X.

L’athlète, vainqueur dans l’arène,
Est en honneur dans la cité ;
Son nom, sans que le temps l’entraîne,
Par les peuples est répété

(…)

Le même, dans Les Contemplations.

Je suis le poète farouche (…)

Le songeur ailé, l'âpre athlète

Au bras nerveux

Et je traînerai la comète

Par les cheveux.

(…)

Le même, dans une lettre à Auguste Vacquerie : … votre style a des muscles d'athlète, vous convainquez et vous vainquez.

Vigny, Les destinées :

Un soir il arriva que l'antique planète

Secoua sa poussière. - Il se fit un grand cri :

" Le Sauveur est venu, voici le jeune athlète

(…)

Banville , Les deux frères :

Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes
Jetés dans le champ clos de la société,
Deux nobles parias, en un mot deux poètes,
Fouillant dans la nature avec avidité.

(…)

Lamartine, dans sa correspondance : Je lis l'abbé De Lamennais (...) c'est une conscience de martyr, toujours prête à s'immoler à ce qu'il croit la vérité, une conscience qui, comme la mienne, ne le laisse pas dormir, mais qui l'éveille en sursaut quelquefois au milieu d'un rêve qu'il prend pour une réalité. C'est un grand athlète antique qui ne craint pas d'ôter son habit et de combattre nu devant le peuple.

Les Goncourt, au sujet d'Alexandre Dumas : Une sorte de géant, aux cheveux d’un nègre devenu poivre et sel, au petit œil d’hippopotame, clair, finaud, et qui veille même voilé, et, dans une face énorme, des traits ressemblant aux traits vaguement hémisphériques que les caricaturistes prêtent à leurs figurations humaines de la Lune. Il y a, je ne sais quoi, chez lui, d’un montreur de prodiges et d’un commis voyageur des Mille et une nuits. (…) Il ne boit pas de vin, ne prend pas de café, ne fume point : c’est le sobre athlète du feuilleton et de la copie

Sainte-Beuve, en 1850, sur Balzac, dans ses Causeries du lundi : Monsieur de Balzac avait le corps d'un athlète.

Banville, parlant à propos de Gautier de sa forte main de géant et d'athlète.

Sur cette épithète d'athlète ….

Idée que le littérateur, pour affronter l'énorme travail qu'est l'élaboration de son œuvre, doit avoir le corps d'un colosse. Compagnon signale qu'il ne la voit, l'épithète d'athlète, pour la période qu'il examine, généreusement attribuée qu'à Alexandre Dumas, Balzac et Gautier.  Sauf Jules Janin, il ne trouve guère de commentateur qui l'accole au nom de Hugo. Entre nous l'image est pourtant assez banale et on nous la sert facilement. Jean-Paul II avait été désigné comme l'athlète de Dieu.

Anecdotiquement, c'est Baudelaire, faisant le portrait d'Edgar Poe : Jeune, il avait montré une rare aptitude pour tous les exercices physiques, et, bien qu’il fût petit, avec des pieds et des mains de femme, tout son être portant d’ailleurs ce caractère de délicatesse féminine, il était plus que robuste et capable de merveilleux traits de force. Il a, dans sa jeunesse, gagné un pari de nageur qui dépasse la mesure ordinaire du possible. On dirait que la Nature fait à ceux dont elle veut tirer de grandes choses un tempérament énergique, comme elle donne une puissante vitalité aux arbres qui sont chargés de symboliser le deuil et la douleur. Ces hommes-là, avec des apparences quelquefois chétives, sont taillés en athlètes, bons pour l’orgie et pour le travail, prompts aux excès et capables d’étonnantes sobriétés.

Sur cette affaire de "pari de nageur", Wikipédia affirme :En juin ou juillet 1824 , il nage six ou sept miles le long de la James River, tandis que son maître suit sur un bateau. Né en janvier 1809, Poe est donc alors âgé de 15 ans. La distance annoncée, de l'ordre au moins de dix kilomètres, est effectivement remarquable. Pour mémoire, la James River est un fleuve de l'état de Virginie, USA, côte Est.

Chez les Goncourt, encore, dans Charles Demailly : Né batailleur, taillé pour la guerre du pamphlet politique et philosophique, Franchemont était un audacieux et merveilleux remueur de pensées et de paradoxes, un bel athlète de polémiques, n'estimant la littérature que comme un formulaire d'idées sociales, méprisant la poésie, insensible à la musique des phrases; un homme non tant du parti que de la doctrine de la force, ...

Etc.

Auguste Grisier

À chercher quel sport, dans le contexte du XIX° siècle, servait la métaphore et se cachait derrière le vocable d'athlète, AC est passé à l'escrime, et au maître d'armes qu'il dit de référence : Auguste Grisier, auteur de l'ouvrage ci-contre, avec préface d'Alexandre Dumas. Tout le gotha parisien a pratiqué l'escrime chez Grisier, "maître d'armes idéal". Sa salle était au 4, rue du Faubourg Montmartre. C'est, dit A.C, le Carrefour des écrasés, formé par le boulevard Montmartre, la rue Montmartre et la rue du Faubourg-Montmartre, à l'époque un des endroits de Paris les plus dangereux pour les piétons, à cause de la quantité de voitures qui s’y croisent et de la pente du boulevard Montmartre qui ne permet pas aux cochers d’arrêter leurs chevaux à temps. 

De là, on glisse vers l'anecdotique, hors sujet.

Grisier (1791-1865) admirateur (à distance chronologique) du Chevalier de Saint-Georges (1745-1799), mulâtre qui a reçu l'éducation parfaite du jeune noble  d'ancien régime, fleurettiste hors pair, violoniste virtuose et franc-maçon. Boxeur, aussi, et anti-esclavagiste, opposé dans un fameux affrontement mondain, fleuret en main, au (à la) Chevalier(ère) d'Éon, en 1787 et à la cour d'Angleterre, dont il ne semble pas qu'il se soit outre mesure tiré à son avantage.  Le prince de Galles aimait alors à opposer la chevalière d'Éon aux plus vaillants hommes d'armes. À sa prière, celle-ci consentit à soutenir, sous ses habits de femme, contre le fameux Saint-Georges, un assaut dont les gravures anglaises ont conservé le souvenir (in Mémoires du Chevalier d'Éon)

Deux romans, cités : Le chevalier de Saint Georges, de Roger de Beauvoir ; Le maître d'armes, d'Alexandre Dumas, qui se présente comme l'autobiographie de Grisier.

Et on passe aux Bravi.

Un Bravo, vocable peu usité, italien, désigne un assassin à gages, un spadassin, un demi-solde et dans le milieu journalistique, un  maître chanteur, dit A.C., un spécialiste de l'éreintement, un homme de main de la critique.  On reste là-dessus dix minutes .

Rien noté.

Mais je comprends soudain que la lettre B vient d'être traitée et que Bravo succédait à Athlète (lettre A) et précédait, il l'annonce, Condottiere (lettre C), prévu next week …. Ah bon? C'est donc parti pour l'alphabet, avec des raccords qui me semblent assez hypothétiques en direction de la littérature, sport de combat. Bizarre démarche. À ce compte, pour B, on aurait pu choisir Bordel. Il y aurait eu davantage de références et un repos du "guerrier littéraire" propice à l'arrimage au thème annoncé.

Un grand n'importe quoi est-il en marche (comme dirait Emmanuel Macron)?

Pompeii

 

 

 

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  • Compte-rendu subjectif - de l'installation de sa chaire en décembre 2005 à son départ à la retraite - du cours d'Antoine Compagnon au Collège de France. Peut servir de référence. Manque l'année où le sujet a été: 1966 Depuis, comptes-rendus aléatoires selon l'humeur sur l'actualité littéraire et éventuellement d'Antoine Compagnon.
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