SÉMINAIRE N° 3 – SPICILÈGE ET COMPAGNIE .
… Philippe Roger est aux manettes . Dir. EHESS etc.
Sur Internet : Spicilège (à propos du "Spicilège de Montesquieu", une référence de l'exposé).
Terme technique d’agriculture désignant en latin l’action de glaner, de recueillir dans les champs les épis échappés aux moissonneurs, « spicilegium » - spicilège - s’entend métaphoriquement comme recueil de documents inédits, « collection de pièces, d’actes et de documents qui n’avaient jamais été imprimés » (Journal des savants, 1978). Dès le début du XVIIIe siècle, le terme signifie également, comme en témoigne le Dictionnaire de Trévoux (1752), « recueil de morceaux, de pensées, d’observations ». Troisième volume publié de la nouvelle édition des Œuvres complètes, cette édition du Spicilège met l’accent sur la particularité de l’œuvre : le Spicilège attribué à Montesquieu a une existence avant Montesquieu, et s’il est possible d’en dater la composition entre les années 1703 ou 1704 et la première moitié de 1705, son auteur demeure à nos yeux inconnu. En effet, de ce premier rédacteur anonyme, nous ne savons pour ainsi dire rien, sinon qu’il fréquentait la maison mère de l’Oratoire et par conséquent le Père Desmolets qui, une fois en possession de l’ouvrage, le confia à Montesquieu (probablement à son départ de Paris fin 1713). Ce qui fut longtemps désigné comme le « Recueil Desmolets » est donc composé des 202 fragments choisis au sein du cahier de notes primitif par Montesquieu, qui en donna, de retour à Bordeaux, la transcription à deux secrétaires. Cette transcription n’est pas dénuée d’intérêt : non seulement Montesquieu en a revu le texte, corrigeant voire censurant quelques passages audacieux, mais il y a ajouté (en les signalant comme telles) des observations personnelles. L’introduction de la nouvelle édition, à ce titre, fait bien la part des choses : le recueil initial est composé d’extraits, voire de reproductions de passages entiers de livres ou de journaux, essentiellement le Journal des savants et les Mémoires de Trévoux. Tout en restant fidèle au projet initial, le Spicilège de Montesquieu introduit plusieurs nouveautés : outre les nombreuses citations de passages contestés de l’Ancien Testament, Montesquieu y manifeste son intérêt pour le commerce, le change, la démographie, la situation des finances et la dette publique anglaise… Les journaux consultés (Gazette d’Amsterdam, Gazette d’Utrecht, Gazette de France, Craftsman, etc.) témoignent eux aussi d’un intérêt réel pour l’actualité politique et géopolitique récente. Enfin, les échos de conversations entre Montesquieu et d’importants esprits de son temps trahissent des curiosités plus variées que son prédécesseur.
De fait, quand Philippe Roger le cite, c'est pour s'attacher, dans le fil de sa présentation, à une note infrapaginale de Montesquieu à laquelle il se dit particulièrement sensible : "Les premiers héros étaient bienfaisants, ils protégeaient les voyageurs, purgeaient la terre de monstres, entreprenaient des ouvrages utiles, tels furent Hercule et Thésée. Dans la suite, ils furent seulement courageux, comme Achille, Ajax, Diomède. Après cela, ils furent de grands conquérants comme Philippe et Alexandre. Enfin, ils devinrent amoureux comme ceux des romans. À présent, je ne sais ce qu'ils sont."
Sur un principe compagnonnesque, beaucoup de choses défilent, ainsi, que je suis avec une application aléatoire et une concentration hasardeuse, mais qui me sont l'occasion de remémorations inattendues ou de curiosités digressives.
La victoire de Fontenoy. 11 mai 1745 . Guerre de succession d'Autriche. Charles III de Habsbourg, empereur des romains sous le titre de Charles VI craint, faute de descendant mâle disponible que l'Autriche n'échappe à sa maison. Il a pris en 1713 une décision et fait signer la Pragmatique Sanction, autorisant la dévolution de sa succession à une femme. A sa mort en 1740, ces dispositions sont contestées par divers prétendants au trône et Frédéric II, récemment roi de Prusse, déclenche les hostilités. Louis XV va décider de soutenir un autre prétendant, l'électeur de Bavière, qui par ailleurs va trouver un arrangement avec la Prusse, et il fait campagne au sein d'une coalition qui contient aussi l'Espagne et quelques satellites, contre l'Autriche, la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies. La guerre va durer huit années. A Fontenoy (Belgique actuelle, sommet principal (et Nord-Est) d'un triangle grossièrement isocèle dont la base serait le segment Lille-Valencienne), Maurice de Saxe, à la tête des troupes françaises, dispose de 47 000 soldats et de 60 pièces d'artillerie. En face, le duc William de Cumberland peut s'appuyer sur 51 000 soldats et 80 pièces d'artillerie. La bataille débute à 5 heures du matin. Avant midi, la tradition populaire fera dire au comte Joseph-Charles-Alexandre d'Anterroches: "Messieurs les anglais, tirez les premiers". À 14 heures, l'affaire est pliée. Fontenoy est une victoire française.
Il restait sur le terrain quelque 2500 morts de chaque côté et, sans distinction, on comptait environ dix mille blessés. En gros, 95% de chances d'en sortir vivant, 85% de chances d'en sortir indemne. Il y a pire.
Philippe Robert a évoqué très marginalement l'affaire : … malgré l'enthousiasme pour la victoire de Fontenoy, l'héroïsme, en ce milieu du XVIII° siècle, n'est plus au goût du jour (en substance).
De fait, on a un peu tourné d'abord autour de la notion d'engagement physique, dans l'exercice (ce qui n'est pas encore le sport) ou l'affrontement (le duel).
A propos de sport, d'ailleurs, Philippe Roger précise :
- que le mot s'introduit en 1828 et va être assez longtemps mal compris, associé (Littré en 1868) à tout exercice de plein air, confondu avec ou limité à l'équitation, au turf (comme ensemble des activités en rapport avec les chevaux). Il affirme que le terme d'ailleurs nous revient, parti en Angleterre sous la forme "desport", qui signifiait en ancien français amusement, tronqué là-bas comme par aphérèse (chute du début du mot, ainsi "pitaine" pour capitaine) et rentré sans vergogne, allégé en "sport", au bercail.
- que les joutes à cheval ont été interdites en France après l'accident qui coûta la vie à Henri II en 1559
- que la boxe n'a été introduite en France qu'à l'aube du XX° siècle, avec un premier combat, salle Wagram, en 1903. Il semble que le plus long match jamais disputé à Paris ait eu lieu le 17 avril 1909 et duré 49 rounds entre les deux boxeurs noirs américains Joe Jeanette (1m78, 86 kg) qui dut plusieurs fois être réveillé à l'aide d'un masque à oxygène et Sam McVey (1m79, 89 kg) qui finalement abandonna après 2h30 de combat (indications de la Fédération Française de boxe).
Je me demande si Philippe Roger n'a pas fait un lapsus en évoquant "l'exercice grec" , dont a-t-il dit, rien ne subsiste au XVIII° siècle, ni la lutte, ni la course, ni la palestre … La palestre, c'est le lieu de l'exercice, l'espace réservé où se déploient les affrontements. Parlait-il de l'absence de lieux réservés ou y a-t-il eu confusion avec le pancrace, sport de combat qui aux jeux olympiques de l'antiquité autorisait tous les coups, y compris mortels, et dans lequel excella Milon de Crotone?
Lucien de Samosate (120 – 180 (?)). De l'auteur du Dialogue des morts dont tant de versions grecques de nos humanités adolescentes ont été tirées, Philippe Roger a retenu quelques lignes, mais prises dans son Histoire véritable, pour illustrer si l'on peut dire anachroniquement le déclin du héros au long du XVIII° siècle et sa réincarnation en grand homme au XIX°, réalisant la victoire de l'esprit sur la force, une évolution dit-il perceptible dès la Renaissance. Lucien évoque l'Hercule gaulois, qui enchaîne les hommes par son éloquence. Il affirme que sous le nom d'Ogmius (ou Ogmios), on trouve un dieu gaulois qui terrasse ses ennemis par la parole, où il voit des traces du passage d'Héraclès en Gaule lors de sa quête des bœufs de Geryon, car cet Ogmius est muni dans les représentations des attributs d'Hercule (la massue, la peau du lion de Némée, l'arc et le carquois … ). Mais c'est un vieillard chétif, chauve, la peau tannée et ridée. Lucien se dit qu'il y a là dérision et vengeance mesquine tournée contre le colossal envahisseur, puis il note que le vieillard traîne derrière lui des colonnes d'hommes entravés d'or et d'ambre et qui semblent suivre sans chercher à fuir, au contraire, celui qui les tient au bout de chaînes qui pendent d'un trou pratiqué dans sa langue. Il comprend alors, aidé par un gaulois qui passait par là et savait fort bien le grec, que ces chaînes sont les paroles et que toute la puissance d'Ogmius s'y exprime, et non dans les attributs de la force physique du fils de Zeus et d'Alcmène. Quant à l'âge, si Ogmius semble vieux, c'est que l'éloquence croît avec la pratique et les années. Etc.
Madame Dacier. Au XVIII°, avait souligné Philippe Roger, les écrivains ne se battent pas en duel. Selon lui, d'ailleurs, dans cette sorte d'édulcoration de l'affrontement littéraire, il faut voir l'influence des femmes de lettres. Il évoque Anne Dacier (1654-1720) et la "Querelle d'Homère". La parution en 1681 d’une fort mauvaise traduction en prose de l’Iliade et de l’Odyssée, réalisée par le Père de La Valterie à partir d’une traduction latine, provoque son indignation. Philologue, elle décide de mettre au point, à partir du texte grec dont on dispose, une version qui soit fidèle. Fruit d’au moins quinze années de travail, son Iliade paraît en 1711. L’Odyssée suit en 1716. Chaque ouvrage est précédé d’une substantielle préface et contient d’abondantes remarques sur la mythologie, l’histoire et la géographie, la traduction littérale et de nombreuses références à la littérature grecque et latine et à la Bible. Le texte grec est absent, mais l’illustration est soignée. Pour les frontispices, Anne Dacier a fait appel à son ami Antoine Coypel et pour les planches intérieures au graveur Bernard Picart. Saluée comme un chef-d’œuvre, l’Iliade vaut à la traductrice un concert de louanges, mais va la projeter dans une flamboyante polémique qu’elle déclenche sans l’avoir voulu : la Querelle d’Homère, ultime rebondissement de la Querelle des Anciens et des Modernes.
Pour résumer (?) – (source : wikipédia, surtout): La Querelle des Anciens et des Modernes oppose deux courants distincts: - les Anciens, menés par Boileau, soutiennent une conception de la création littéraire qui repose sur l'imitation des auteurs de l'Antiquité. Racine, ainsi, traite dans ses tragédies des sujets antiques déjà abordés par les tragédiens grecs. Des règles sont à respecter et on se réfère à la Poétique d'Aristote - les Modernes, représentés par Charles Perrault, soutiennent le mérite des auteurs du siècle de Louis XIV, et affirment au contraire que les auteurs de l’Antiquité ne sont pas indépassables, et que la création littéraire consiste à innover. Ils militent donc pour une littérature adaptée à l’époque contemporaine et à des formes artistiques nouvelles.
Perrault déclenche les hostilités le 27 janvier 1687, lorsqu’il présente, à l’occasion d’une guérison de Louis XIV, à l'Académie Française, son poème Le siècle de Louis le Grand, dans lequel il fait l’éloge de l’époque, qu'il présente comme idéale, tout en remettant en cause la fonction de modèle de l'Antiquité. Ensuite, on s'étripe, par écrit! La Fontaine, La Bruyère sont avec Boileau, Thomas Corneille, frère de Pierre, soutient Perrault; Saint Evremond, Fénelon, Fontenelle sont pour les compromis. Finalement, Port-Royal (Antoine Arnauld) s’entremet pour réconcilier les parties et, le 30 août 1694, Perrault et Boileau s’embrassent en public à l’Académie française. Il n’y a pas de victoire nette : la querelle s’est en quelque sorte épuisée lorsque le compromis se fait. Le siècle brille par les œuvres de ceux qui ont dépassé les anciens en s’appuyant sur le génie propre de la langue et du siècle. Blaise Pascal souligne avec bon sens que ceux que nous appelons les anciens, étaient des modernes de leur temps.
Le débat rebondit dans la deuxième décennie du XVIIIe siècle avec la mise en vers, en 1714, par Houdar de la Motte – à une époque où Perrault et Boileau sont décédés – de la traduction de l’Iliade publiée par Mme Dacier, corrigée et raccourcie, avec une préface contenant un Discours sur Homère où est exposée une défense des Modernes. Anne Dacier réplique avec Des causes de la corruption du goût, où elle débat la question de la priorité de l’original ou d’une traduction. Elle prolonge ainsi un engagement de Charles Perrault (Parallèle des anciens et des modernes - 1688). La polémique se développe et mobilise le microcosme littéraire, dont Fénelon, pour s’achever en 1716 par une réconciliation personnelle des principaux acteurs où a mis largement la main Fontenelle. C'est là la Querelle d’Homère.
Pour en revenir au littérateur comme athlète, c'est, dit Philippe Roger, le XIX° siècle qui a voulu lire le XVIII° à travers cette formule, imposant anachroniquement à ses aînés un état d'esprit qui n'était pas le leur . Et, après s'être consenti la petite facilité d'intégrer au dit XIX° siècle un écrit de Ferdinand Gohin de 1905, il cite ce dernier (in Transformation de la langue française pendant la deuxième moitié du XVIII° siècle): " L'esprit domine au XVIII° siècle dans tous les écrits. Voltaire fait de l'esprit une arme légère et fine comme l'acier, Rousseau le manie avec la vigueur d'un athlète, Beaumarchais avec l'audace insolente du ferrailleur qui est sûr de vaincre et se réjouit tout le premier de ses beaux coups d'épée".
Charles–Marie de Feletz (1767-1850) est convoqué. D'abord prêtre réfractaire à la constitution civile du clergé de 1791, arrêté en 1793, condamné à la déportation, il survit à 11 mois de réclusion sur l'un des pontons de Rochefort (*). Réfugié ensuite à Périgueux, c'est le coup d'État du 18 brumaire qui lui rendra sa liberté de mouvement et le verra entamer à Paris une carrière de critique littéraire à l'ironie mordante et au traditionnalisme rigoureux. Philippe Roger évoque ses Jugements historiques et littéraires sur quelques écrivains et quelques écrits du temps et son interprétation d'un pseudo-conflit entre Voltaire et Palissot (Charles Palissot de Montenoy; 1730-1814), présentant Palissot comme un "jeune athlète plein d'ardeur, de vivacité de malice, et avide de combats", et peignant Voltaire en "vieux soldat de la philosophie". Ceci à propos de deux pièces de Palissot, Le Cercle, où celui-ci avait campé un philosophe dans lequel on pouvait reconnaître Jean-Jacques Rousseau (marchant à quatre pattes et mangeant de la salade), puis Les Philosophes, grand succès, où il s'en était pris cette fois à Diderot. D'après Philippe Roger, Feletz exagère une friction qui s'inscrit dans une relation de maître à élève (de Voltaire à Palissot) et dans le contexte sédatif que créent les attentes de Voltaire vis-à-vis du puissant duc de Choiseul, protecteur de Palissot. A ce propos, il rapporte cette curiosité qu'est, dans sa correspondance avec Voltaire, l'habitude qu'à le duc de Choiseul de s'adresser à celui-ci en l'appelant sa "chère Marmotte".
Prolongeant sur Voltaire, est évoquée la statue de Jean-Baptiste Pigalle des années 1770 qui fit scandale, pour souligner que loin de l'athlète, c'est le squelette querellant - "J'ai passé ma vie à escarmoucher", c'est Voltaire lui-même qui l'affirme - qui est ici représenté. Ce dernier, rappelle Philippe Roger, ne manquait non plus aucune occasion de se plaindre.
Il cite une correspondance: "J'ai apporté à Berlin une vingtaine de dents; il m'en reste six". Voltaire, dit-il, est un valétudinaire guerroyant, qui s'affirme chétif , mais ajoute: "Je reçois cent estocades? J'en rend deux cents et je ris!".
Et Rivarol? Avec tout ça, il ne reste guère de temps pour l'évoquer, lui qui, avant un changement de dernière minute, trônait dans l'intitulé de la communication : "Antoine de Rivarol, de la satire littéraire à la violence politique". Il est d'ailleurs encore tel quel sur le site de la Chaire. Néanmoins, à la trappe! Ou presque. Tout juste l'évocation de deux publications :
En 1788, le Petit almanach de nos grands hommes, dont le ressort ironique tient à ce qu'il attaque de parfaits inconnus. En 1790, le Petit dictionnaire des grands hommes de la Révolution où cette fois, frontalement (et avec moins de drôlerie), il attaque les grandes figures révolutionnaires, en parlant d'imposture politique.
Antoine de Rivarol (1753-1801), anti-révolutionnaire, qui va avec ces livres - il faut bien un mot de la fin – "modifier l'imaginaire combattant de l'homme de lettres".
DÉBAT – L'exercice est toujours, me semble-t-il, approximatif, tâtonnant. Je comprends régulièrement assez mal, ou pas, les questions d'Antoine Compagnon.
On entend affirmer qu'au XIX°, les haines politiques ne sont pas essentielles, que les haines littéraires clivent bien davantage, et que finalement la camaraderie (le copinage…) surmonte tout .
Sur le duel, il est précisé ou re-précisé que, réservé aux nobles au XVIII° siècle, il s'ouvre à tous après la Révolution française (sacré progrès de gauche!) et devient au XIX° siècle un instrument de résolution des conflits inter-personnels avant de disparaître après 1914.
Par ailleurs, le rôle des prisons est évoqué, la Bastille au XVIII° siècle, et Sainte Pélagie, au XIX°, avec incarcération valant titre de gloire et qualification comme écrivain (à Sainte Pélagie, il y a un pavillon, qu'on surnommera le "pavillon des princes", qui leur est réservé).
Dernier détail : Philippe Roger s'est aperçu, en examinant les caricatures de Daumier visant des écrivains que ses cibles favorites et majoritaires étaient les femmes de lettres, et d'un bond en arrière, il affirme qu'après la fermeture des clubs de femmes (le 30 octobre 1793), la Révolution française a été un grand moment de virilisation…
(*)
Wikipédia (extrait) : Les pontons de Rochefort
(…) Le clergé réfractaire refusant de signer la Constitution civile du clergé et de prêter le serment est si nombreux qu'on ne peut le condamner à la guillotine dans son ensemble : en 1792 il est donc décidé par l'Assemblée Constituante de les déporter en Guyane ou à Madagascar via les ports de Nantes, Bordeaux et Rochefort De longs convois s'acheminent vers l'océan. À Rochefort, où ils stationnent longuement, le transfert des prisonniers s'effectue sur des navires négriers (réduits à l'état de pontons) qui ne partiront jamais en Guyane : le Deux-Associés (Capitaine Laly), le Washington (Capitaine Gibert) ainsi que sur un navire ancien, le Bonhomme Richard.
La plupart des prêtres déportés décéderont du typhus dû à l'insalubrité extrême, à l'absence totale d'hygiène, à la nourriture rare et très malsaine et aux mauvais traitements. Malades du typhus, ils sont transférés sur deux chaloupes-hôpital, puis sous des tentes, ils meurent peu à peu et sont enterrés sur l'île Madame (alors île Citoyenne), et sur l'île d'Aix (Ossuaire des prêtres déportés). (…)







