LEÇON n° 3 – mardi 22 janvier 2019
ÉTUDE ou ESSAI ... ou TRAVAUX?
Réf. in TLF (Trésor de la langue française ).
ÉTUDE [En parlant d'une œuvre littér.]:
Ouvrage, article qui contient les résultats d'une recherche. Importante, remarquable étude; consacrer une étude à. Synon. essai. Une étude sur un tableau de Claude, exposé chez le père Malgras, venait de soulever un scandale énorme (ZOLA, Œuvre, 1886, p. 71). Un ouvrage où M. Pierre Lasserre a réuni trois études sur Claudel, Jammes et Péguy (THIBAUDET, Réflex. litt., 1936, p. 129).
ESSAI [En parlant d'une œuvre littér.]:
Ouvrage dont le sujet, sans viser à l'exhaustivité, est traité par approches successives, et généralement selon des méthodes ou des points de vue mis à l'épreuve à cette occasion. Essai poétique, essai sur l'entendement humain. Un essai est un livre pour faire des livres; il ne peut passer pour bon qu'en raison du nombre de fétus d'ouvrages qu'il renferme (CHATEAUBR., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 278).
Au plur. Titre d'ouvrage. Lu hier soir, dans les « Essais de critique et de morale » de Renan, l'essai que je ne connaissais pas sur Lamennais (DU BOS, Journal, 1922, p. 185).
TRAVAUX (?) ...
CITATIONS À L'AMORCE DU COURS (Odette, Swann):
a - Il avait allégué des travaux en train, une étude — en réalité abandonnée depuis des années — sur Ver Meer de Delft. "Je comprends que je ne peux rien faire, moi chétive, à côté de grands savants comme vous autres, lui avait-elle répondu. Je serais comme la grenouille devant l’aréopage. Et pourtant j’aimerais tant m’instruire, savoir, être initiée. Comme cela doit être amusant de bouquiner, de fourrer son nez dans de vieux papiers", avait-elle ajouté avec l’air de contentement de soi-même que prend une femme élégante pour affirmer que sa joie est de se livrer sans crainte de se salir à une besogne malpropre, comme de faire la cuisine en "mettant elle-même les mains à la pâte". "Vous allez vous moquer de moi, ce peintre qui vous empêche de me voir (elle voulait parler de Ver Meer), je n’avais jamais entendu parler de lui ; vit-il encore ? Est-ce qu’on peut voir de ses œuvres à Paris?"
b - Certains jours pourtant, mais rares, elle venait chez lui dans l’après-midi, interrompre sa rêverie ou cette étude sur Ver Meer à laquelle il s’était remis dernièrement.
c - "Avez-vous laissé seulement ici votre essai sur Ver Meer pour pouvoir l’avancer un peu demain ? Quel paresseux! Je vous ferai travailler, moi !"
d - En ce qui concerne Odette, on aurait pu se rendre compte que si, certes elle n’avait jamais entièrement compris l’intelligence de Swann, du moins savait-elle les titres, tout le détail de ses travaux, au point que le nom de Ver Meer lui était aussi familier que celui de son couturier.
ALORS, études, essais ou travaux ?
A.C. semble vouloir installer la leçon dans la logique de cette question autour de ces trois termes: équivalence, similarité, identité, nuances? ... ce qui va me sembler assez vite peu intéressant. Il fournit quelques indications liminaires et rajoute une citation où il souligne par ailleurs la précision des informations de Proust: "Maintenant qu’il s’était remis à son étude sur Ver Meer, il aurait eu besoin de retourner au moins quelques jours à la Haye, à Dresde, à Brunswick. Il était persuadé qu'une « Toilette de Diane » qui avait été achetée par le Mauristhuis à la vente Goldschmidt comme un Nicolas Maes était en réalité de Ver Meer. Et il aurait voulu pouvoir étudier le tableau sur place pour étayer sa conviction."
Note complémentaire : C’est Théophile Thoré-Bürger (1807 - 1869), avocat auto-transformé en spécialiste de Vermeer, qui, ayant redécouvert dans des musées et collections particulières des oeuvres ignorées d'un peintre à l'époque moins célébré qu'aujourd'hui a reconnu le tableau dès 1866. La toile toutefois ne sera définitivement attribuée à Vermeer qu'en 1907, après que le directeur du Mauristhuis y a découvert des similitudes avec "Le Christ dans la maison de Marthe et Marie", où Vermeer est clairement identifiable par la signature sur le tabouret de Marie. De fait, dans le soi-disant tableau de Nicolas Maes, on n'avait pas reconnu Vermeer parce que, en rupture avec ce qu'on en connaissait, c’est un tableau mythologique et non une scène de genre, c’est le seul tableau de Vermeer avec un chien, le seul avec un dos nu, et que la signature, située entre le chien et le chardon, avait été mal déchiffrée. [Source : Annick Polin - Cercle littéraire proustien de Cabourg-Balbec]
Littérature versus Conversation. A.C. évoque les différences de style prêtées à Swann dans ses deux activités d'érudit et de mondain, et affirme le souci de Proust: comment écrire avec esprit sans pour autant confondre littérature et conversation, ce qu'il reproche à Sainte-Beuve dans ses Lundis ? Il trouvait de la drôlerie dans la vie à Henri Bernstein [auteur dramatique oublié dont la pièce Le Voleur, drame bourgeois, en 1906, assura la notoriété], lequel n'en manifestait pas dans ses pièces, estimait que Montesquiou renonçait en écrivant au talent qu'il déployait dans la conversation, et s'interrogeait sur la possibilité d'introduire dans la littérature de l'esprit sans abaisser la première par le second.
Quelques remarques sur la connotation ennuyeuse du terme travaux, associé à Brichot ou, dans la citation qu'il fournit et qui concerne l'ambassadrice de Turquie, à "allemands": Il aurait été impossible de la prendre en défaut sur les plus récents travaux allemands, qu'ils traitassent d'économie politique, des vésanies [i.e. maladies mentales], des diverses formes de l'onanisme ou de la philosophie d'Epicure. "Travaux" est du vocabulaire de Norpois, des publications dans la Revue des deux mondes. A.C. évoque la rencontre de Bloch et de Norpois et cite, parce qu'y cohabitent "travaux" et "études", ce passage : ... Mme de Villeparisis ayant assez longuement parlé à M. de Norpois des travaux littéraires de Bloch.
— Vous n’êtes pas de votre temps, dit à celui-ci l’ancien ambassadeur, et je vous en félicite, vous n’êtes pas de ce temps où les études désintéressées n’existent plus, où on ne vend plus au public que des obscénités ou des inepties. Des efforts tels que les vôtres devraient être encouragés si nous avions un gouvernement.
Suivent quelques autres références-citations-allusions de la Recherche :
- M. de Bréauté, auteur d’une étude sur les Mormons, parue dans la Revue des Deux–Mondes ...
- Je [Brichot] ne sais de reçu par elle [Mme de Villeparisis] que notre ami Thureau-Dangin, qui avait avec elle d'anciennes relations de famille, et aussi Gaston Boissier, qu'elle a désiré connaître à la suite d'une étude qui l'intéressait tout particulièrement. Il y a dîné une fois et est revenu sous le charme.
D'un échange entre la Duchesse de Guermantes et la Princesse de Parme, A.C. cite, sans que je saisisse avec exactitude la situation de la citation par rapport à cette affaire d'études/essais/travaux :
- Zola un poète !
- Mais oui, répondit en riant la duchesse, ravie par cet effet de suffocation. Que Votre Altesse remarque comme il grandit tout ce qu'il touche. Vous me direz qu'il ne touche justement qu'à ce qui ... porte bonheur! Mais il en fait quelque chose d'immense; il a le fumier épique! C'est l'Homère de la vidange! Il n'a pas assez de majuscules pour écrire le mot de Cambronne.
De fait, A.C. a plaisir à préciser que la duchesse cite en substance Barbey d'Aurevilly dans ses éreintements : M. Émile Zola, l'auteur de L'Assommoir, cet Hercule souillé qui remue le fumier d'Augias et qui y ajoute !… M. Émile Zola croit qu'on peut être un grand artiste en fange comme on est un grand artiste en marbre. Sa spécialité, à lui, c'est la fange. Il croit qu'il peut y avoir très bien un Michel-Ange de la crotte… De fait - remarque personnelle - Homère de la vidange est mieux trouvé parce que Barbey n'a pas osé aller jusqu'à Michel-Ange de la merde. Il aurait au moins pu risquer Michel-Ange de la fiente, qui fût passé, me semble-t-il, ou Michel-Ange de la déjection ou, ce qui me paraît meilleur, Michel-Ange de l'ordure.
Sur le vocabulaire de l'étude, avec possibilité qu'elle soit psychanalytique, historique, etc. on fait un crochet vers Balzac pour rappeler qu'il avait réparti en trois grands ensembles sa Comédie Humaine : Études de mœurs, Études philosophiques et Études analytiques.
A.C. souligne que Proust utilise encore ce terme d'étude pour désigner des notes préparatoires d'écrivain se livrant à des observations mondaines ... ou pour qualifier les Lundis de Sainte-Beuve. Et il profite de ce que le vocable est dans la longue citation qui suit pour réorienter son propos vers une question de fond, d'ailleurs intéressante:
Nous la [Mme de Villeparisis] croyions sur parole tandis qu'elle jugeait ses Titiens, la colonnade de son château, l'esprit de conversation de Louis-Philippe. Mais – comme ces érudits qui émerveillent quand on les met sur la peinture égyptienne et les inscriptions étrusques, et qui parlent d'une façon si banale des oeuvres modernes que nous nous demandons si nous n'avons pas surfait l'intérêt des sciences où ils sont versés, puisque n'y apparaît pas cette même médiocrité qu'ils ont pourtant dû y apporter aussi bien que dans leurs niaises études sur Baudelaire – Mme de Villeparisis interrogée par moi sur Chateaubriand, sur Balzac, sur Victor Hugo, tous reçus jadis par ses parents et entrevus par elle-même, riait de mon admiration, racontait sur eux des traits piquants comme elle venait de faire sur des grands seigneurs ou des hommes politiques, et jugeait sévèrement ces écrivains, précisément parce qu'ils avaient manqué de cette modestie, de cet effacement de soi, de cet art sobre qui se contente d'un seul trait juste et n'appuie pas, qui fuit plus que tout le ridicule de la grandiloquence, de cet à-propos, de ces qualités de modération de jugement et de simplicité, auxquelles on lui avait appris qu'atteint la vraie valeur : on voyait qu'elle n'hésitait pas à leur préférer des hommes qui, peut-être, en effet, avaient eu, à cause d'elles, l'avantage sur un Balzac, un Hugo, un Vigny, dans un salon, une académie, un conseil des ministres, Molé, Fontanes, Vitrolles, Bersot, Pasquier, Lebrun, Salvandy ou Daru.
Et Sainte-Beuve se cachant sous Mme de Villeparisis, la question n'est-elle pas celle de savoir pourquoi, navré des âneries dont il s'était rendu coupable à propos de Baudelaire ou de Stendhal, on devrait lui faire confiance quand il parle de Port-Royal ou de la poésie du XVI° siècle. Mais - et A.C. le redit car il l'a évoqué dans une des deux leçons précédentes - cette idée "contre Sainte-Beuve", ce dernier, ne se l'appliquât-il pas, l'avait lui-même avancée. A l'appui de ceci, il cite d'ailleurs l'historien de l'art Louis Hourticq écrivant dans le Figaro en 1904 : "Sainte-Beuve dit quelque part à peu près ceci : Quand on voit la quantité de bévues que commettent les savants quand ils parlent de leur temps, on se demande avec effroi ce que peuvent bien valoir leurs histoires du temps passé." En incidente et à mi-voix, le calembour de Balzac : Sainte-Beuve, sainte bévue.
Il précise encore cette fois à partir de "Chateaubriand et son groupe littéraire" ce qu'il a peut-être déjà cité l'une des deux semaines passées : Tout le monde est fort, à prononcer sur Racine et Bossuet … Mais la sagacité du juge, la perspicacité du critique, se prouve surtout sur des écrits neufs, non encore essayés du public. Juger à première vue, deviner, devancer, voilà le don critique. Combien peu le possèdent.
Arrivé là, je reconnais que mon écoute a commencé sérieusement à fatiguer et que je m'interrogeais non moins sérieusement sur l'intérêt de tant d'étude (de bla-bla?) sur le mot étude. Et puis ... j'ai été un peu relancé par une bifurcation, lorsque A.C. a évoqué l'identification grandissante, au fil des volumes posthumes de la Recherche (qu'en aurait-il été si le temps lui avait été donné de les retravailler autant que Du côté de chez Swann ?), entre le narrateur et l'auteur, et posé, à partir d'une phrase de la grand-mère du narrateur la question de la joie d'écrire : "Ma grand-mère me disait que je travaillerais bien et avec joie si je me portais bien".
A.C. renvoie à l'épisode de la page d'écriture des deux clochers de Martinville: ... quand, au coin du siège où le cocher du docteur plaçait habituellement dans un panier les volailles qu’il avait achetées au marché de Martinville, j’eus fini de l’écrire, je me trouvai si heureux, je sentais qu’elle m’avait si parfaitement débarrassé de ces clochers et de ce qu’ils cachaient derrière eux, que, comme si j’avais été moi-même une poule et si je venais de pondre un œuf, je me mis à chanter à tue-tête.
A.C. rapproche cette expression de joie d'une page de Taine, dans son roman inachevé Etienne Mayran, roman, dit-il, de la vocation intellectuelle. Lorsque le héros découvre qu'il est un intellectuel, qu'il a des idées, il exulte d'une joie visible et son ami lui dit : Cocorico, tu as l'air d'une poule qui vient de faire un oeuf.
Question: la joie (éprouvée par l'auteur) est-elle un critère de la réussite littéraire? A.C. cite Emile Faguet jugeant le Capitaine Fracasse : Le premier volume de Fracasse est d'un pittoresque ravissant, le second n'est plus qu'un roman de cape et d'épée très vulgaire, analogue mais inférieur au "Belle-Rose" d'Amédée Achard [Note : 1814-1875 ; "Belle-Rose" est un de ses romans; il fut l'un des premiers auteurs de cape et d'épée, grand imitateur de Dumas, avec par exemple Les Coups d'épée de M. de la Guerche qui ont enchanté mes 12 ou 13 ans], où l'on sent que l'auteur s'ennuie, ouvrage dont le commencement est écrit pour des amateurs et la fin pour des écoliers.
Proust, dit A.C. connaît bien ce passage et le commente à sa façon : Quand je vois Monsieur Faguet dire dans ses essais de critique [A.C. précise qu'il s'agit, plus exactement, de ses "Etudes littéraires" de 1903] que le premier volume du Capitaine Fracasse est admirable et le second insipide, que dans Le Père Goriot, tout ce qui se rapporte à Goriot est du premier ordre et tout ce qui se rapporte à Rastignac du dernier, je suis aussi étonné que si j'entendais dire que les environs de Combray étaient laids du côté de Méséglise mais beaux du côté de Guermantes, quand Monsieur Faguet continue en disant que les amateurs ne lisent pas Le Capitaine Fracasse au-delà du premier volume, je ne peux que plaindre les amateurs, moi qui ai tant aimé le second, mais quand il ajoute que le premier a été écrit pour les amateurs et le second pour les écoliers, ma pitié se change en mépris pour moi-même car je découvre combien je suis resté écolier, et quand il assure que c'est avec le plus profond ennui que Gautier a écrit ce second volume, je suis bien étonné que cela ait pu être si ennuyeux d'écrire une chose qui fût plus tard si amusante à lire. Peut-on en déduire, dit A.C. que Proust a dû écrire en riant les passages comiques de la Recherche?
On voit dans la citation précédente que Proust donc identifie "Essais" et "Etudes", comme le narrateur nomme ses "Etudes" du travail, donc des "Travaux". Ainsi ici, lorsque sa mère vient le réconforter dans son deuil (la perte de sa grand-mère): Elle aimait à me parler doucement du temps où ma grand'mère était plus jeune, craignant que je ne me fisse des reproches sur les tristesses dont j'avais pu assombrir la fin de cette vie, elle revenait volontiers aux années où mes premières études avaient causé à ma grand'mère des satisfactions que jusqu'ici on m'avait toujours cachées. Nous reparlions de Combray, ma mère me dit que là-bas du moins je lisais et qu'à Balbec je devrais bien faire de même si je ne travaillais pas.
On finit la leçon en recommençant à tourner autour des emplois du terme "études". Quid de ces "premières études" d'un narrateur identifiable à Proust? Sans doute les textes réunis dans Les plaisirs et les jours, qui avaient été publiés en 1892/1893 dans le Banquet et la Revue Blanche, toujours sous-titrés "Etudes" et numérotés et que dans l'édition de la Pléiade de 1971, Pierre Clarac désigne sous l'intitulé général "Etudes et nouvelles". Pour Proust, c'est semble-t-il un genre, proche du poème en prose ...
Terme de musique, terme de peinture, on trouve aussi "études" à propos d'Elstir et des mains d'Andrée : Déjà à lui seul et même sans les conséquences qu’il eût entraînées sans doute, le contact des mains d’Albertine m’eût été délicieux. Non que je n’eusse jamais vu de plus belles mains que les siennes. Même dans le groupe de ses amies, celles d’Andrée, maigres et bien plus fines, avaient comme une vie particulière, docile au commandement de la jeune fille, mais indépendante, et elles s’allongeaient souvent devant elle comme de nobles lévriers, avec des paresses, de longs rêves, de brusques étirements d’une phalange, à cause desquels Elstir avait fait plusieurs études de ces mains. Et dans l’une où on voyait Andrée les chauffer devant le feu, elles avaient sous l’éclairage la diaphanéité dorée de deux feuilles d’automne.
Compagnon renvoie aux "études de main" de Degas que l'on peut voir au musée d'Orsay. Il lit la fin de la longue dédicace à Willie Heath, mort tout jeune de la dysenterie, qu'il avait aimé et à qui il offre ainsi Les Plaisirs et les Jours : "Je vous donne ce livre. Vous êtes, hélas ! le seul de mes amis dont il n’ait pas à redouter les critiques. J’ai au moins la confiance que nulle part la liberté du ton ne vous y eût choqué. Je n’ai jamais peint l’immoralité que chez des êtres d’une conscience délicate. Aussi, trop faibles pour vouloir le bien, trop nobles pour jouir pleinement dans le mal, ne connaissant que la souffrance, je n’ai pu parler d’eux qu’avec une pitié trop sincère pour qu’elle ne purifiât pas ces petits essais". Les études sont devenues de "petits essais".
Renvoi enfin à un rêve du narrateur où son père lui parle de sa grand'mère : Elle demande quelquefois ce que tu es devenu, on lui a même dit que tu allais faire un livre, elle a paru contente, elle a essuyé une larme. Mais encore : livre de petits essais? livre d'études critiques? livre-roman? Toutes les voies sont ouvertes à ce moment de la Recherche, jusqu'au Temps retrouvé.
Oui, bon, c'est bien long tout ça quand même, pour bien peu. Avec une question auto centrée: Et si, dans cette affaire, je ne m'astreignais à écouter ces cours que parce que le vrai plaisir, c'est la "joie d'écrire", la joie d'en rédiger, peut-être faussement grognon, un compte rendu qui m'oblige à circuler un peu sur le Net pour contrôler une citation, en apprendre davantage sur un personnage cité (voire le découvrir), récupérer une image, relire quelques paragraphes de la Recherche, re-côtoyer Proust, toutes choses que je ne ferais probablement plus sans cette assiduité-prétexte des mardis du premier trimestre de l'année, fussent-ils transformés en mercredis ou jeudis d'écoute audio (?)


