SEMINAIRE III _ 2013-2014
28/01/2014
L'exposé m'a beaucoup plu. La présentation d'Antoine Compagnon me semble comme toujours filandreuse, mais ensuite, Alexis Jenni, pendant 35 minutes, développe une défense du roman comme "mentir vrai" tout à fait convaincante et bien menée.
Elle se suffit à elle même et vaut je crois par son oralité. Les formules sont souvent heureuses. Je renvoie pour une intéressante écoute au site du Collège de France.
A ce propos, il a dû rencontrer quelques problèmes informatiques, ledit site, car les enregistrements présents dimanche 2/2 avaient disparu depuis deux jours et je ne les ai vu resurgir que ce matin!
Je n'ai pas lu le Goncourt 2011 obtenu par Jenni (L'art français de la guerre), motif central de son invitation. Y songer? On verra.
Il a depuis produit un deuxième livre (50 élucidations) qui ne semble guère avoir plu. On pourra en lire un éreintement ici, par exemple.
Alexis Jenni est né à Lyon et en 1963. Il est professeur dans le secondaire (agrégation de SVT (ex-Sciences naturelles)) et se vit comme écrivain. Il est beaucoup mieux avec ses lunettes que sans, du moins pour ce qui concerne la Vidéo du Collège de France.
Quelques références ont été données :
Michel Déon : Les poneys sauvages (celle-ci, par Antoine Compagnon)
Varlam Chalamov : Récits de la Kolyma
Denis Diderot : Le paradoxe du comédien (que Jenni relit volontiers en paradoxe de l'écrivain, citations à l'appui)
Pierre Schœndœrffer : La 317ième section
Curzio Malaparte : … pour le dire grand écrivain, et qu'il affabule à l'excès
Sun Tzu (Chinois - VI°/V° siècle avant JC) : L'art de la guerre.
Un terme peu fréquent a surgi du discours : évhémérisme. C'est, stricto sensu, la théorie qui veut que les mythes ou légendes ne soient que la traduction amplifiée de situations qui furent réelles.
Le questionnement dialogué d'Antoine Compagnon a occupé les vingt dernières minutes. Sans désagrément. Il a permis à Jenni de redire en moins bien une partie de ce qu'il avait déjà dit et de souligner sans insister sa position personnelle d'observateur qu'aucun événement guerrier de la période abordée par son livre n'avait touché, ni directement, ni à travers son environnement familial.
Selon lui, les difficultés actuelles relevant, dans le climat français, de la question ethnique, tiennent pour l'essentiel à des guerres coloniales dont l'issue, la fin, n'ont pas acquis, dans l'irrésolution de leur complexité (l'Algérie, en particulier), un statut clair. Une question de deuil qui n'a pas été fait?




